Vidéo "C'est un cauchemar, pour nous" : cette maman habite un quartier de Nîmes aux mains des trafiquants de drogue

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Envoyé spécial. "C'est un cauchemar, pour nous", témoigne une habitante d'un quartier de Nîmes aux mains des trafiquants de drogue
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France Télévisions

L'établissement où sont scolarisés ses enfants, à Nîmes, est cerné par le trafic de drogue. A visage caché par crainte des représailles, cette maman a accepté de témoigner pour "Envoyé spécial". 

A Nîmes, le groupe scolaire du quartier du Chemin-bas d'Avignon est littéralement cerné par le trafic de stupéfiants qui s’opère aux quatre coins des bâtiments. Pour comprendre le quotidien des enseignants, des enfants et des parents, une équipe d’"Envoyé spécial" a posé sa caméra au cœur de l’école Georges-Bruguier. Dans cet extrait, voici le témoignage, rare, d'une mère d'élèves. A sa demande, son visage est dissimulé, et sa voix a été maquillée.

Dans les locaux d'une association du quartier, cette maman décrit le trafic de drogue comme une toile d'araignée. Et les trafiquants comme des voisins polis... du moment qu'on ne touche pas à leur "business". "Ils vont vous dire bonjour, ils nous respectent, si on a des courses, ils vont les porter avec vous… Mais (...) une fois que vous parlez de leur trafic, que vous balancez, on sait qu'il y aura des représailles derrière." 

Selon elle, les trafiquants recruteraient désormais des enfants à la sortie de l'école

Quel genre de représailles ? "Par exemple, il y a une maman, son fils guettait, raconte-t-elle. Il a voulu arrêter. Ils lui ont défoncé la porte. Ils ont tout saccagé chez elle, en sa présence. Le petit, ils l'ont mis en sang, il s'est retrouvé aux urgences, et la maman, elle était impuissante. Elle n'a jamais porté plainte parce qu'elle savait ce qui allait se passer derrière. Tout le quartier le sait."

Selon elle, les trafiquants recruteraient désormais les enfants à la sortie des écoles. "Ils les abordent, ils leur proposent, ils leur montrent des billets, donc forcément, ça les tente." Dans un quartier défavorisé, où les familles n'ont pas les moyens de gâter leurs enfants, difficile de résister à de l'argent facilement gagné. Ensuite, c'est le "cercle vicieux", avec des horaires comme au travail, pour faire le guet toute la semaine. La mère de famille redoute que son fils aîné se laisse influencer, et voudrait déménager...

Extrait de "Des trafiquants aux portes de l'école", un reportage à voir dans "Envoyé spécial" le 27 mai 2021.

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