Troubles des apprentissages : des élèves incompris

En France, 6 à 8% des élèves seraient atteints de troubles « dys ». Dyslexie, dysphasie, dysgraphie... Ces termes désignent des troubles cognitifs très variés qui induisent des difficultés d’apprentissage. Depuis la rentrée 2014, un nouveau dispositif est censé favoriser l'intégration de ces enfants à l'école : le  PAP. Mais sa mise en place prend parfois beaucoup de temps.

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Simon, 13 ans, entre en cinquième. Il est dysphasique, un trouble du langage qui entraîne des difficultés d’expression et de compréhension à l'école. "Je ne me suis pas vraiment dit que j’étais nul, mais je me suis dit que c'était un peu bizarre car je ne travaillais pas comme les autres personnes", explique-t-il. Parfois, les mots lui manquent.

Simon bénéficie d’un plan d’accompagnement personnalisé ou PAP. Demandé par l’école ou les parents, ce plan permet d’obtenir des aménagements pédagogiques. Un dispositif simple car l’élève n’a pas besoin d’être reconnu « handicapé ». Par exemple, sa professeure d’histoire adapte la mise en page de ses contrôles, changeant notamment la couleur du texte. Mais pour obtenir cette aide pourtant obligatoire, les parents de Simon ont du faire un peu de pédagogie, en expliquant notamment ses bienfaits et comment la mettre en place.

Un parcours du combattant

Erwan n'a pas eu la même chance de Simon et a passé une année de CP très difficile. Depuis le diagnostic de dysphasie en octobre, l’école n’a toujours pas proposé d’aménagement. Le petit garçon est loin d'avoir atteint le niveau des autres élèves, en particulier en lecture. Une année scolaire perdue pour Erwan. Pourtant, sa mère a multiplié les démarches. Elle a demandé un plan d’accompagnement personnalisé, le placement dans une classe spécialisée. Sans succès. "C'est un parcours du combattant", explique sa mère.

Le plan d’accompagnement personnalisé fonctionne donc au cas par cas. Il est adapté aux troubles les plus légers. Pour Emilie Ernst, orthophoniste, il faut aider les enseignants à mieux comprendre les troubles dys.  "La difficulté pour les professeurs, c’est qu’ils n’ont pas de formation qui intègre la spécificité de l’accueil de ces enfants. Après la particularité des troubles « dys », c'est que ce n'est pas toujours évident de faire la différence entre une élève qui a des troubles et un élève qui n'a pas appris sa leçon ou qui n'a pas fait attention à son orthographe", précise-t-elle.

Mieux former les professeurs, c'est aussi les aider à repérer plus vite les enfants avec des troubles d'apprentissage. Une prise en charge précoce qui permettrait d'éviter l'échec scolaire.