Rixes mortelles en Essonne : "Des gamins de 13-14 ans qui ont l'impression qu'ils sont en train de jouer au dernier jeu vidéo à la mode", décrit l’ancien député Julien Dray

Il y a une "tradition d'affrontements" entre bandes de jeunes en Essonne selon Julien Dray qui note cependant que les participants aux violences sont de plus en plus jeunes.

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Julien Dray, invité de franceinfo, le 23 septembre 2016. (JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT / RADIOFRANCE)

Après les deux rixes mortelles entre jeunes en deux jours en Essonne lundi 22 et mardi 23 février, l’ancien député socialiste du département Julien Dray décrit sur franceinfo "des gamins de 13-14 ans qui sont livrés à eux-mêmes et ont l'impression qu'ils sont en train de jouer au dernier jeu vidéo à la mode". Il juge que ces violences se sont "banalisées". Pour ces jeunes, la rixe "devient un mode de vie, la vie n'a plus de sens", assure Julien Dray.

Il rappelle toutefois qu’il y a "une tradition d'affrontements avec des bandes en Essonne. Rappelez-vous les affrontements entre les bandes d'Evry, de Grigny, des Ulis. Il y a toujours eu cette guerre de territoires". Mais il relève toutefois des changements dans ces affrontements. "Avant, ceux qui se battaient étaient plus vieux, décrit-il. Il y avait des rendez-vous, on arrivait à anticiper avec les élus, les animateurs".

Multiples trafics

Pour Julien Dray, ces jeunes "ont compris la loi, ils envoient les plus jeunes à la bagarre et ils observent. Ils manipulent les jeunes qui, jusqu'à maintenant, servaient simplement de gardiens, ce qu’on appelait les ‘chouffeurs’".

Il décrit aussi "des cités en Essonne qui sont devenues des carrefours de trafics de stupéfiants et beaucoup plus. Maintenant, il y a aussi du trafic d'armes, avec des zones qui sont contrôlées par cela".

Pour lutter contre cette violence, il suggère de "rappeler à l’ordre" certains parents. "L’arme des allocations familiales peut être utilisée", selon Julien Dray. Mais, plutôt que de cibler les "parents totalement débordés", il privilégie un "travail de maillage, de fond".

"Reconstruire une police de proximité"

L’élu socialiste suggère la mise en place d’une "police judiciaire dans les quartiers, qui fasse tomber ces réseaux de dealers". "Le problème qu’on a, en Essonne comme ailleurs, c’est que, quand les dossiers arrivent il n'y a pas assez de preuves. On n'a pas pu faire les enquêtes".

Plutôt que "des compagnies de CRS qui vont tourner", il suggère de "reconstruire une police de proximité sérieuse" et de "renforcer les BAC, en leur donnant une expérience nouvelle de présence sur le territoire".

A cela, s’ajouterait "un maillage associatif, d’éducateurs de rue, qui anticipent, parce que les bruits circulent", espère Julien Dray. Ces éducateurs pourraient "reprendre en main ces gosses de 13-14 ans. Ce n'est pas l'école qui va y arriver", conclut-il.

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