Noyades en augmentation en 2018 : il y a un "relâchement" de la population et un "désintérêt pour la natation"

Les baigneurs ont notamment tendance à surestimer leurs capacités physiques, selon Cyril Lambert, référent national des nageurs-sauveteurs CRS auprès de l'Unsa Police.

Deux sauveteurs sur la plage du Grand-Crohot, près de Lège-Cap-Ferret, le 23 juin 2017.
Deux sauveteurs sur la plage du Grand-Crohot, près de Lège-Cap-Ferret, le 23 juin 2017. (OLIVIER MORIN / AFP)

Le nombre de noyades accidentelles s'élève à 1 649 pour l'été 2018, soit une augmentation de 30% par rapport à 2015, révèlent les résultats de l'enquête menée par Santé publique France. Cyril Lambert, référent national des nageurs-sauveteurs CRS auprès du syndicat Unsa Police pointe mardi 11 juin sur franceinfo un "relâchement" de la population en période estivale et "un désintérêt pour la natation" en général.

Franceinfo : Est-ce que la période estivale est propice au relâchement et donc aux accidents ?

Cyril Lambert : On s'aperçoit que la population, lors de la période estivale, a un relâchement. Ils n'ont pas envie de contraintes. Ils se baignent un petit peu partout et c'est d'ailleurs pour ça que nous sommes affectés dans les postes de secours, pour pouvoir faire respecter les arrêtés municipaux et justement prévenir les dangers pour la population. C'est surtout le souci de leurs capacités physiques. Ils surestiment leurs capacités physiques en allant se baigner, puis se retrouvent dans des situations dramatiques.

Est-ce dû aussi à un problème d'apprentissage ?

Si on prend les chiffres, on s'aperçoit quand même qu'un Français sur sept ne sait pas nager. Donc, il y a un désintérêt pour la natation. C'est un chiffre en augmentation parce qu'on a eu une baisse des éducateurs pour enseigner la natation. On a aussi le souci que nos piscines sont désuètes et se retrouvent parfois loin des établissements scolaires.

La vigilance des parents peut-elle mise en cause ?

On s'aperçoit que les parents arrivent sur le lieu de villégiature. Il y a un relâchement et vu que la baignade est surveillée, ils laissent un peu les enfants à l'abandon alors qu'il faudrait les accompagner au bord de l'eau.

Les canicules à répétition sont-elles un facteur aggravant ?

On en a eu une augmentation de l'ensoleillement et des températures en 2018. Forcément les gens cherchent des points d'eau. Ils se déplacent et sont prêts à faire beaucoup de kilomètres pour pouvoir profiter du rafraîchissement, et un afflux de population engendre évidemment des accidents et une augmentation des accidents.