"Dry january" (un mois sans alcool) : "Une excellente résolution aux effets positifs relativement rapides"

Chaque année, des millions de Britanniques font cette cure. Une approche intéressante pour Jean-Michel Delile, président de la Fédération Addiction car elle est "ludique" et "ne diabolise pas l'alcool".

Photo d\'illustration, 13 décembre 2007.
Photo d'illustration, 13 décembre 2007. (PHILIPPE TURPIN / MAXPPP)

Le "Dry january", janvier à sec, sans alcool, est une campagne qui vient d'Angleterre. Elle a été lancée par une association britannique pour lutter contre l'alcoolisme. Chaque année, des millions de Britanniques font cette cure. "C'est une excellente résolution" et les "effets positifs sont relativement rapides", a expliqué jeudi 3 janvier sur franceinfo Jean-Michel Delile, président de la Fédération Addiction (premier réseau d'addictologie, qui regroupe 205 associations)

franceinfo : Mettre son foie à la diète, est-ce une bonne résolution ?

Jean-Michel Delile : C'est une excellente résolution parce que cela permet au foie de récupérer, et cela permet plus globalement à l'organisme de se remettre. On récupère un meilleur sommeil, une meilleure forme dans la journée, on perd un peu de poids. Uniquement des effets positifs, et relativement rapides. Ce qui est plus compliqué, c'est d'y parvenir.

Un mois, cela peut paraître long. Est-ce grave de ne pas tenir sur cette durée ?

Un mois complet ce n'est pas une mince affaire, mais ce qui est intéressant c'est que cela permet aux personnes de faire le point par rapport à leur relation avec l'alcool, voir si c'est facile ou si c'est plus compliqué, et de réguler eux-mêmes leur choix en termes de reprise. L'étude qui a été faite par l'université de Sussex montre que si les effets bénéfiques sont durables, il est net que chez les personnes qui n'ont pas pu parvenir à une abstinence complète mais qui ont néanmoins réduit leur consommation, on obtient aussi cet effet bénéfique.

L'étude a montré que 7 personnes sur 10 ayant suivi cette diète se rendent compte qu'elles peuvent quand même s'amuser en soirée, sans alcool. Faut-il vraiment ça pour en prendre conscience ?

Il faut ça pour s'en rendre compte. Ce qui est intéressant avec cette approche, c'est qu'elle ne diabolise pas l'alcool, ni les consommations d'alcool, ni même les consommateurs d'alcool puisque l'idée c'est de faire une pause, ce n'est pas d'avoir une abstinence définitive. Souvent on reproche à la santé publique d'être moralisatrice, tandis que là il s'agit d'une initiative qui est plutôt ludique, communautaire, avec des défis des uns aux autres, donc quelque chose de beaucoup plus dynamique qui s'appuie sur les ressources des personnes ou d'un groupe.

Est-ce que l'alcool est consommé différemment en France et en Angleterre ?

En Angleterre, les modes de consommation sont un peu différents des nôtres, ce sont des personnes qui souvent ne consomment pas d'alcool quotidiennement à table, pas de vin ni de bière, mais qui vont boire, et parfois massivement, le week-end. Avec ce mode de consommation, on a entre deux et huit jours de consommation par mois. Le défi sur un mois est donc logique. En revanche en France, chez les adultes, il y a beaucoup de consommations qui sont quotidiennes, même si elles restent modérées. Le défi serait donc de passer une semaine avec deux jours ou trois jours sans alcool, ou une semaine sans alcool.