VIDEO. Ils ont arrêté de fumer grâce au Mois sans tabac : un an après, voici où ils en sont

Le défi lancé aux fumeurs par le ministère de la Santé démarre chaque année le 1er novembre. Voici le bilan de celui lancé l'année dernière.

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"Je me sens totalement libérée. Pour rien au monde je ne reviendrais en arrière." Emmanuelle a 35 ans, dont vingt de tabac et un de sevrage. En 2017, elle a allumé sa dernière cigarette grâce au Mois sans tabac, un défi du ministère de la Santé qui propose aux fumeurs de se serrer les coudes en arrêtant la cigarette au mois de novembre. Pour les aider à décrocher, un kit d'aide à l'arrêt, une application mobile, des groupes Facebook d'échange ou encore un numéro de téléphone (38 39) sont mis à leur disposition.

Ces outils sont-ils utilisés par les fumeurs ? Le Mois sans tabac est-il efficace ? A l'occasion de la troisième édition de l'opération, qui a débuté jeudi 1er novembre, franceinfo s'est entretenu avec Emmanuelle, Claire, Sarah et Raphaël, qui ont répondu à notre appel à témoignages. Comme 158 000 personnes, ils ont suivi le Mois sans tabac en 2017. Un an après, voici ce qu'ils sont devenus.

"Toux", "insomnies", "cauchemars"

Afin de mettre toutes les chances de leur côté, plusieurs d'entre eux ont eu recours aux outils de Tabac info service. Claire a aussi bénéficié pendant plusieurs mois de rendez-vous téléphoniques avec une tabacologue, contactée via le 38 39 : "Elle vous pose des questions sur comment vous vous sentez (...) et en fonction de vos réponses, elle vous donne des conseils, elle vous soutient." Les trois femmes ont également eu recours à des substituts nicotiniques afin d'entamer une transition plus "sereine" : patchs pour Claire et Sarah, cigarette électronique pour Emmanuelle.

Pour tous, les premiers jours furent les plus difficiles. "Je ne m’attendais pas à certains symptômes qui sont pourtant très courants : une augmentation de la toux, des insomnies, des cauchemars", se remémore notamment Claire. "Partager tout ça en groupe ça permet vraiment d’aider", estime-t-elle. L'envie de parler de son expérience avec les autres a persisté  après le Mois sans tabac, et Emmanuelle a donc lancé son propre groupe Facebook à l'hiver 2017, une fois ceux proposés par Tabac info service mis en sommeil. "Comme c’est sur Facebook, il n'y a pas de jugement de valeur, on ne se connaît pas, assure Claire, qui est membre du groupe. On est juste sur le même bateau, et on s’entraide."

"On retrouve une forme de liberté"

Un an après, trois de nos quatre fumeurs ont réussi leur pari. Emmanuelle, Claire et Raphaël n'ont plus touché à une cigarette depuis le mois de novembre 2017. Après un mois d'arrêt, Sarah a elle replongé à cause d'une "dispute familiale" : "J’ai refumé une cigarette, puis deux, puis trois… Comme j’avais déjà arrêté un mois, je pensais que ma reprise était juste passagère. Mais en fait, pas du tout", regrette celle qui s'est relancée dans le défi cette année. Raphaël abonde : "On ne peut pas se dire : 'Juste une, ça va pas tout remettre en cause'. Si, ça remet tout en cause."

Aujourd'hui, leur quotidien s'est transformé. "Je n’y croyais pas, mais dès le réveil vous vous sentez en pleine forme", reconnaît Claire, qui avait "plutôt l’habitude de [se] lever avec un petit mal de tête ou une sensation de fatigue". "Les fins de mois sont moins compliquées : j’économise à peu près 280 euros", se réjouit aussi Emmanuelle. Mais pour tous, le bénéfice le plus important est "le sentiment d'avoir vaincu une addiction, détaille Claire. Quand on fume, on ne s’en rend pas forcément compte, mais on est (...) vraiment beaucoup esclave de la cigarette. Quand on arrive à se défaire de ce lien, on retrouve une forme de liberté et c’est très apaisant, très serein."

Ces fumeurs ont arrêté la cigarette grâce au Mois sans tabac, organisé chaque année au mois de novembre.
Ces fumeurs ont arrêté la cigarette grâce au Mois sans tabac, organisé chaque année au mois de novembre. (FRANCEINFO)