Pénurie de dermatologues en France : les praticiens réclament l'ouverture de leur spécialité à davantage d'étudiants en médecine

Les dermatologues en France sont une population vieillissante, avec un âge médian de 54 ans.

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Radio France
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Un dermatologue ausculte une patiente dans son cabinet medical. (MAXPPP)

Si vous avez tenté de prendre rendez-vous ces derniers temps chez l'un des 4 000 dermatologues installés en France, vous l'avez sûrement constaté : les délais sont longs, deux mois en moyenne avant d'obtenir un rendez-vous. Mais cela peut être bien plus long dans certaines régions. Une situation problématique car les maladies de peau et les cas de mélanomes augmentent. Les dermatologues s'inquiètent et réclament au gouvernement l'ouverture de leur spécialité à davantage d'étudiants en médecine.

Quatre à cinq mois d'attente pour un rendez-vous à l'hôpital, deux mois en cabinet

Dans la salle d'attente parisienne du Dr Mathilde Kemula, Frédéric se dit chanceux. Il n'a attendu "que" trois mois avant d'avoir rendez-vous avec sa dermatologue. "Cela reste un délai relativement court", se félicite-t-il.

"Je vis actuellement en Auvergne et certains dermatologues affichent 12 mois d'attente. J'ai fait le trajet exprès : je fais l'aller-retour dans la journée et je repars ce soir."

Frédéric

à franceinfo

Le Dr Kemula confirme : "Ce matin, j'ai redonné rendez-vous à une patiente et la première date qu'on a trouvée, c'était le 27 septembre. Quand je consulte à l'hôpital, c'est encore plus dur parce que je n'y suis qu'une fois par semaine et le nombre de rendez-vous est limité. Là, je pense qu'on est à quatre ou cinq mois d'attente."

Le Dr Kemula refuse cependant de bâcler ses consultations pour prendre plus de patients. Elle se réserve ainsi une matinée par semaine pour des urgences et parvient même à prendre quelques nouveaux patients. "Évidemment, parfois ils se découragent un peu, raconte-t-elle, mais je pense que s'ils essaient chez d'autres dermatologues, ils rencontrent le même problème. On est tous en train de subir ce problème de manque de praticiens."

De nombreux départs en retraite et peu d'ouvertures de postes

Une pénurie sans doute préjudiciable pour le dépistage, pour certains diagnostics de cancer notamment, même si aucune étude sur le sujet n'a encore été réalisée. La cause de cette pénurie : de nombreux départs à la retraite, selon Pierre Hamann, de l'Association des jeunes dermatologues. "L'âge médian des dermatologues en France est de 54 ans, analyse-t-il. Donc nous sommes une population vieillissante nous aussi."

Des départs qui ne sont pas compensés par les arrivées dans le métier de jeunes dermatologues. Le ministère de la Santé a seulement consenti à une très légère hausse des étudiants admis en spécialité dermatologie ces dernières années. "On avait seulement 93 postes disponibles sur toute la France chaque année, explique Pierre Hamann. Nous n'avons pas eu d'augmentation comme ont pu en avoir les gynécologues-obstétriciens ou les ophtalmologues qui eux étaient identifiés comme spécialités en danger. C'était le cas aussi pour nous, mais nous n'avons pas bénéficié de ces augmentations, peut-être parce que nous n'avons pas tiré la sonnette d'alarme assez tôt."

Désormais, ils alertent : 4 000 dermatologues en France, c'est insuffisant. D’autant que pour cette année, le ministre de la Santé doit valider la création de quatre postes de dermatologue supplémentaires. Quatre pour toute la France, alors que les représentants de la profession en demandaient au moins trente.

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