Des avancées dans le traitement personnalisé des cancers

Des chercheurs américains sont parvenus à maintenir en vie, en laboratoire et jusqu'à une durée de deux ans, des cellules tumorales. L'étude relance ainsi les espoirs qu'un jour les médecins seront en mesure de tester en laboratoire des traitements sur les propres cellules cancéreuses de leurs patients. 

Des cellules cancéreuses.
Des cellules cancéreuses. (SCIENCE PHOTO LIBRARY / AFP)

Des chercheurs américains sont parvenus à maintenir en vie, en laboratoire et jusqu'à une durée de deux ans, des cellules tumorales. Cette avancée pourrait permettre de changer radicalement la manière de traiter les personnes atteintes d'un cancer, révèle lundi 19 décembre une étude parue dans l'American Journal of Pathology.

Jusqu'à présent, les scientifiques n'étaient pas capables de cultiver des cellules cancéreuses pendant une aussi longue période. Généralement, les médecins diagnostiquent les cancers et recommandent des traitements en fonction de fragments de tissus prélevés. "Une tumeur chez un patient ne sera pas la même chez un autre, et ceci est une des principales raisons qui font que tellement d'essais cliniques ne fonctionnent pas", a déclaré Marc Symons, du Center for Oncology and Cell Biology du Feinstein Institute for Medical Research de Manhasset, dans l'Etat de New York, qui n'a pas participé à l'étude.

L'étude relance ainsi les espoirs qu'un jour les médecins seront en mesure de tester en laboratoire des traitements sur les propres cellules cancéreuses de leurs patients. Les oncologues pourront ainsi leur proposer une thérapie ayant fait la preuve de son efficacité.

Une technique tirée de la recherche sur les cellules souches

La méthode employée dans cette étude est tirée d'un procédé utilisé dans la recherche sur les cellules souches embryonnaires. Des cellules cancéreuses provenant du poumon, du sein, de la prostate et du côlon ont ainsi pu être maintenues en vie jusqu'à une durée de deux ans.

Lorsque les cellules cancéreuses et les cellules normales sont traitées avec cette technique, elles reviennent à un état proche de celui des cellules souches, a expliqué Richard Schlegel, à la tête du département de pathologie du Georgetown Lombardi Comprehensive Cancer Center et auteur principal de l'étude. Ces cellules, présentes au stade embryonnaire et dans l'organisme adulte, peuvent se multiplier pratiquement indéfiniment.

Le cancer est la maladie qui provoque le plus de décès dans le monde, avec 7,6 millions de morts en 2008, selon les données les plus récentes de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).