Une étude relance le débat sur la dangerosité présumée des pilules de 3e et 4e génération

Une étude d'un établissement universitaire, menée sur une population de 800 000 personnes, que s'est procurée "Le Figaro" fait état de 47 accidents graves recensés depuis quinze ans par un hôpital français. 

Une étude, que s\'est procurée \"Le Figaro\", révèle des cas d\'accidents graves liés à la pilule contraceptive depuis 1998.
Une étude, que s'est procurée "Le Figaro", révèle des cas d'accidents graves liés à la pilule contraceptive depuis 1998. ( MAXPPP)

Quarante-sept cas d'effets indésirables graves liés à la pilule contraceptive ont été recensés entre 1998 et 2012 sur un échantillon de population de 800 000 personnes, rapporte lundi Le Figaro.fr. Le quotidien cite une étude réalisée par un hôpital universitaire français dont le nom n'est pas précisé.

L'étude devrait une nouvelle fois attiser les doutes concernant les risques liés aux pilules contraceptives, notamment celles de troisième et de quatrième générations. Depuis le dépôt d'une plainte mi-décembre d'une jeune femme imputant son accident vasculaire cérébral à la pilule, elles sont accusées de provoquer des risques accrus de troubles emboliques veineux en France, où leur prescription est jugée excessive.

47 cas d'effets secondaires graves en 15 ans

Les résultats de l'étude citée par Le Figaro.fr auraient été transmis le week-end passé à l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Contactée par Reuters, l'ANSM n'était pas en mesure de confirmer l'information dans l'immédiat.

Sur les 47 cas d'embolie pulmonaire, de thrombose veineuse profonde ou encore d'accident vasculaire cérébral, trois seulement ont été déclarés aux autorités sanitaires, avance le quotidien. Deux personnes seraient mortes. 

A l'échelle de l'ensemble de la population française, ce taux correspond à 3 900 cas d'effets indésirables graves, dont 165 décès de jeunes femmes âgées de 15 à 25 ans, indique Le Figaro. Au moins la moitié de ces cas seraient directement attribuables à la pilule.

Des dizaines de plaintes à venir

Une jeune femme de 24 ans, victime d'une thrombophlébite en juillet dernier, a déposé plainte lundi contre le laboratoire allemand Bayer, qui commercialise la pilule de 3e génération qui lui était prescrite. Elle estime que ce médicament est responsable de son accident vasculaire cérébral, a-t-elle indiqué à l'AFP. "Une gynécologue, que je consultais pour la première fois en décembre 2011 après un déménagement, m'a prescrit la pilule Yaz, supposée plus adaptée car ma précédente pilule, de deuxième génération, me donnait des maux de tête", a expliqué à l'AFP Mylène Adam. La plainte a été déposée devant le parquet de Bobigny (Seine-Saint-Denis) pour "atteinte involontaire à l'intégrité de la personne humaine".

La jeune femme n'a quasiment aucune séquelle physique, mais "veut se battre pour toutes celles qui sont plus lourdement handicapées que moi". Son avocat, Jean-Christophe Coubris, a indiqué à l'AFP avoir été contacté par 300 victimes, dont sept sont décédées. "Des dizaines de plaintes vont être déposées dans les prochains jours", a-t-il indiqué. Toutes les actions visent conjointement les laboratoires d'une vingtaine de pilules de 3e génération mises en cause et le directeur de l'Agence nationale de la sécurité des médicaments, dont le siège est situé à Bobigny.

En décembre, une première plainte avait été déposée par une jeune femme, Marion Larat, handicapée à 65% après un AVC, au parquet de Bobigny. Celui-ci avait transmis la plainte au Pôle santé publique du tribunal de grande instance de Paris, qui a ouvert une enquête.