"Il faut arrêter d'utiliser le Diane 35 comme contraceptif"

"Il faut trancher pour arrêter cet usage ambigu." Diane 35 "n'est pas autorisé comme contraceptif", souligne le directeur de l'Agence du médicament.

Le médicament contre l\'acné Diane 35, souvent prescrit comme contraceptif.
Le médicament contre l'acné Diane 35, souvent prescrit comme contraceptif. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Des décisions seront prises "dans la semaine", assure le directeur de l'Agence du médicament (ANSM). Mais d'ores et déjà, Dominique Maraninchi a déclaré sur RTL, lundi 28 janvier, qu'il fallait "arrêter" d'utiliser le Diane 35 comme contraceptif. L'Agence devrait également statuer sur le Diane 35 en tant que traitement contre l'acné, compte tenu de son profil de risque.

Diane 35, qui à l'origine est un médicament pour traiter l'acné, a été dans les faits détourné comme une pilule contraceptive, utilisée par 315 000 femmes en France. L'Agence nationale du médicament fait état, sur ces vingt-cinq dernières années, de quatre décès "imputables à une thrombose veineuse liée à Diane 35".

"Pas autorisé comme contraceptif"

"Il faut trancher pour arrêter cet usage ambigu", a déclaré Dominique Maraninchi. "Il faut arrêter de l'utiliser comme contraceptif. Cette situation a assez duré. Ça fait vingt-cinq ans que ça dure en France alors que [le Diane 35] n'est pas autorisé comme contraceptif. C'est la responsabilité de l'agence que de faire respecter les indications des médicaments", a-t-il ajouté en rappelant que le laboratoire Bayer n'avait "pas demandé à enregistrer le Diane 35 comme contraceptif". D'ailleurs, a souligné le patron de l'ANSM, "nos experts et les gynécologues considèrent que ce n'est pas un bon contraceptif".

En effet, la lecture de la notice du médicament prévient : "Ce médicament bloque l'ovulation et a donc un effet contraceptif. Toutefois, son efficacité contraceptive n'a pas été évaluée par des études cliniques comme pour les pilules. Il n'est pas indiqué dans la contraception orale."

France 2 - Laurence Decherf