Bayer met fin à la commercialisation des implants contraceptifs Essure en Europe

Ces implants de stérilisation, commercialisés par le groupe pharmaceutique allemand, ont été mis en cause en raison de possibles effets indésirables. 

Le siège nord-américain de la société Bayer, à Whippany, dans le New Jersey (Etats-Unis), le 13 mai 2015. 
Le siège nord-américain de la société Bayer, à Whippany, dans le New Jersey (Etats-Unis), le 13 mai 2015.  (JULIO CORTEZ / SIPA)

Les implants de stérilisation Essure ne seront bientôt plus disponibles dans l'ensemble des pays européens. Le groupe pharmaceutique Bayer a annoncé la fin de la commercialisation de ces implants dans toute l'Europe, lundi 18 septembre, après une première suspension de leur vente pour une durée de trois mois, décidée début août. 

"Bayer a pris la décision de mettre fin à la commercialisation du dispositif médical de contraception définitive Essure dans tous les pays sauf aux Etats-Unis", indique le groupe pharmaceutique allemand dans un communiqué. "Cette décision est prise pour une raison commerciale et vient élargir celle annoncée fin mai dernier d'arrêter la mise à disposition d'Essure dans la plupart des pays", précise le laboratoire. 

En France, l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) avait préconisé "de ne plus implanter" Essure "par mesure de précaution". Elle avait alors demandé aux laboratoires de "procéder au rappel des produits en stock""Un environnement défavorable à sa prescription s'est installé depuis plusieurs mois entrainant une baisse continue de la demande en France", a reconnu Bayer lundi, ajoutant que la suspension des ventes décidée dans l'UE avait "amplifié cette situation". Le groupe avait également récemment cessé la commercialisation d'Essure en Finlande, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et au Canada, en raison du déclin des ventes.

Des effets indésirables graves rapportés

Ces petits implants de stérilisation féminine, en forme de ressort, sont contestés par certaines femmes, notamment en France et aux Etats-Unis, en raison d'effets indésirables parfois graves survenus après leur implantation. Plusieurs femmes ont notamment rapporté des saignements, des douleurs ou des réactions allergiques, ainsi qu'une forte fatigue. Certaines disent même avoir souffert de dépression. 

"Les victimes du dispositif Essure peuvent se réjouir qu'il soit définitivement retiré du marché en France. Cette solution correspond à ce que les victimes que je représente sollicitaient de longue date", a réagi dans un communiqué Me Charles Joseph-Oudin, avocat représentant plusieurs centaines de patientes françaises. Ce dernier appelle cependant à des "éclaircissements", "indispensables pour les très nombreuses femmes qui, pour une large majorité, sont encore porteuses du dispositif". 

Dans son communiqué, Bayer assure vouloir "rassurer les patientes, notamment celles porteuses d'Essure, ainsi que tous les professionnels de santé qui les accompagnent sur le fait que cette décision n'est pas liée à un problème de sécurité ou de qualité du produit""Selon son évaluation scientifique, le profil bénéfice-risque positif d'Essure demeure inchangé. La sécurité et l'efficacité d'Essure restent étayées par plus de dix années de recherche scientifique et d'expérience clinique en vie réelle", insiste le groupe.

Plus de 1 000 femmes confrontées à des dysfonctionnements

L'ANSM s'est également montrée rassurante sur ce dispositif médical en août, assurant que la suspension des ventes n'était "pas de nature à remettre en cause à ce stade" les conclusions rassurantes rendues en avril par un comité d'experts. Ce comité, saisi par l'ANSM en raison de l'augmentation des signalements d'effets indésirables, avait estimé qu'il n'était "pas nécessaire" de modifier la réglementation sur ce dispositif.

Il avait en revanche recommandé de mieux informer les femmes envisageant cette méthode des risques et des "possibilités d'échec", "afin de permettre une décision éclairée".

Selon l'ANSM, 1 087 femmes ont été confrontées à un dysfonctionnement du dispositif ou à la survenue d'effets indésirables entre 2003 et début février 2017. Depuis 2001, environ 1 million d'unités du dispositif médical Essure ont été vendues dans le monde, dont 240 000 en France, selon Bayer.