"Ce n'est pas ce qu'on demande" : les généralistes vent debout contre la proposition de loi visant à lutter contre les déserts médicaux

La proposition de loi Valletoux visant à améliorer l'offre de soins, est discutée à partir de lundi à l’Assemblée nationale. Mais plusieurs syndicats et collectifs de professionnels de santé dénoncent des mesures coercitives.
Article rédigé par franceinfo - Laura Lavenne
Radio France
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Cabinet de médecin, à Belfort en 2021 (photo d'illustration). (LIONEL VADAM  / MAXPPP)

Son cabinet est resté fermé vendredi 9 juin pour cause de contestation. Soline Guillaumin, membre du collectif "Médecins pour demain", proteste contre la proposition de loi Valletoux, examinée à partir de lundi 12 juin en séances publiques à l’Assemblée nationale. Portée par le député Horizons, Frédéric Valletoux, elle vise à "améliorer l’accès aux soins par l’engagement territorial des professionnels"

"Plutôt que d'imposer des choses, aidez nous à nous installer correctement."

Docteur Soline Guillaumin

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Le docteur Guillaumin n'est pas convaincue. "Nous, on est en train de dire : 'On manque de soignants'. Et eux, sont en train de nous dire : 'Nous sommes en train de mettre de l'administratif supplémentaire pour vous gérer'. Non ! Ce n'est pas ce qu'on demande."

Une proposition de loi jugée "liberticide" 

Le texte prévoit en effet d’inscrire tous les professionnels de santé dans des communautés territoriales, sorte de structure locale pour coordonner l’offre de soin. Mais aussi de rendre les gardes obligatoires pour tous les établissements de santé. Luc Duquesnel, président du syndicat "Les Généralistes CSMF", dénoncent un coup porté à l’indépendance et à l’attractivité de son métier. "Au-delà du texte original, les 700 amendements sont liberticides pour ces jeunes médecins. On les oblige à exercer dans des déserts où il n'y a pas de lycée, pas de collèges, il n'y a plus de restaurant ... Plus rien ! Et on veut y mettre des médecins ?" 

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Cette proposition de loi entend aussi interdire l’intérim en début de carrière, proposer une allocation mensuelle pour les étudiants qui acceptent de rester dans un désert médical pendant deux ans. Pour les syndicats, c’est une façon détournée de réguler l’installation des soignants. Le rapporteur du texte Fréderic Valletoux assure qu'il "ne souhaite pas" toucher à la liberté d'installation. 

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