Cancer du col de l'utérus : "Une situation très préoccupante" en France, dénoncent des gynécologues

La vaccination contre le papillomavirus atteint à peine 15% dans le pays, ont assuré ces spécialistes, jeudi.

Le vaccin contre le cancer du col de l\'utérus, le Gardasil, fait l\'objet d\'une grande défiance en France. 
Le vaccin contre le cancer du col de l'utérus, le Gardasil, fait l'objet d'une grande défiance en France.  (JEAN-PIERRE MULLER / AFP)

Les gynécologues tirent la sonnette d'alarme, jeudi 12 janvier, devant une situation jugée "très préoccupante en France" concernant le cancer du col de l'utérus. En 2015, ce cancer a encore touché près de 2 800 femmes en France et en a tué un peu plus d'un millier, alors qu'il est aujourd'hui considéré comme largement évitable grâce à la vaccination et au dépistage.

"Nous sommes en train d'accumuler un retard important par rapport aux autres pays européens", résume Jean-Luc Mergui, président de la Société française de pathologies cervico-vaginales (SFCPCV). Parmi ses sujets de préoccupation figure la vaccination contre le papillomavirus, destinée à prévenir les lésions précancéreuses du col utérin : le taux de couverture de ce vaccin, recommandé chez les filles de 11 à 15 ans, atteint à peine 15% en France - où il fait l'objet d'une grande défiance - contre 90% en Finlande ou 85% au Royaume-Uni, relève-t-il.

Dépistage insuffisant

Selon Le Parisien, un nouveau vaccin, le Gardasil 9, sera disponible en France dès cet automne. Il s'agit d'une version améliorée et plus efficace du premier Gardasil, commercialisé il y a dix ans, précise le quotidien. 

Le dépistage du cancer du col de l'utérus, qui passe par des frottis vaginaux réalisés tous les trois ans entre 25 et 65 ans, stagne, lui aussi, avec un taux de couverture de l'ordre de 50 à 60% des femmes concernées, contre 85% au Royaume-Uni, selon la SFCPCV, qui préconise la mise en place d'un dépistage organisé.

Enfin, selon la SFCPCV, un tiers des 25 000 "conisations" - une intervention consistant à enlever chirurgicalement une partie du col de l'utérus - réalisées chaque année en France peuvent être considérées comme "excessives et sans contrôle de qualité".