Cancer : qu'est-ce que la photobiomodulation qui permet de lutter contre les effets secondaires des traitements ?

Article rédigé par Solenne Le Hen
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min
Anthony, un patient souffrant de lésions post cancer, est traité à la photobiomodulation par la docteure Camélia Billard-Sandu à l’Institut Gustave Roussy de Villejuif dans le Val-de-Marne. (SOLENNE LE HEN / RADIO FRANCE)
Parmi les innovations qui pourraient devenir majeures en santé, l’Institut Gustave-Roussy teste depuis deux ans la photobiomodulation. Cette technique permet d’accélérer la cicatrisation et la régénération des tissus abîmés par les traitements.

Anthony est un habitué de la photobiomodulation. Traité pour un cancer de la langue et des gencives, il introduit dans sa bouche deux languettes, reliées à une machine, "l’une sur la langue, l’autre contre la paroi", précise-t-il. Le traitement, indolore, ne dure que quelques minutes. Il n’y a ni bruit, ni chaleur. La machine envoie simplement une lumière rouge dans la bouche du patient.

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Les languettes qu’Anthony introduit dans sa bouche "ont de la fibre optique dedans, c’est comme un tissu", décrit la docteure Camélia Billard-Sandu, responsable de la photobiomodulation (PBM) à l’Institut Gustave-Roussy de Villejuif, dans le Val-de-Marne . 

"C’est de la lumière rouge à 630 nanomètres, qui a pour rôle de cicatriser et régénérer les tissus."

Dr Camélia Billard-Sandu, responsable de la PBM à Gustave Roussy

à franceinfo

Indolore, le traitement par photobiomodulation consiste à traiter les lésions dues aux traitements contre le cancer avec de la lumière rouge. (SOLENNE LE HEN / RADIO FRANCE)

L'objectif est concret : régénérer et cicatriser la langue d’Anthony, dont les médecins ont dû couper une partie. "Ma langue ne cicatrise pas vraiment. Ça me brûle tout le temps, je ne peux pas manger de sel, de piments, de trucs comme ça", précise-t-il. Ses glandes salivaires aussi ont dû être retirées. Conséquence, il a vécu six ans sans salive dans la bouche. "Tout est collé et ça fait super mal le matin. Tout est vraiment sec", ajoute-t-il. La docteure Camélia Billard-Sandu avait presque abandonné tout espoir et allait arrêter le traitement lorsqu’un jour, au cours d’une séance, "la salive a commencé à couler. C’était bizarre de la retrouver. Aujourd’hui, je suis content", conclut Anthony dans un sourire. 

"Récupérer une vie normale"

Cicatriser les brûlures causées par les traitements par radiothérapie, réduire les picotements, les fourmillements dans les mains et les pieds provoqués, eux, par les chimiothérapies, c’est tout l’enjeu de cette expérimentation menée depuis deux ans. "On a de plus en plus de patients qui survivent à leur cancer, mais ils vivent mal, avec des séquelles, explique Camélia Billard-Sandu. Ce qu’on veut, c’est aussi améliorer leur quotidien et réduire ces séquelles pour qu’ils puissent récupérer une vie normale". Et cette thérapie par laser et led de faible énergie permet effectivement de les réduire. 

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En France, quatre millions de personnes ont eu un cancer et certaines souffrent encore, non plus de la maladie, mais des effets secondaires liés aux traitements. L’Institut Gustave-Roussy vient donc d’acquérir une quatrième machine de photobiomodulation. L'un des objectifs est aussi de traiter les patients en même temps que leurs soins, pour, tout simplement, empêcher l’apparition des effets secondaires.

La photobiomodulation pour cicatriser et régénérer les tissus abimés par les traitements anticancer - Un reportage de Solenne Le Hen.

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