Ablation de la thyroïde : 20% des opérations seraient inutiles

L'association de défense des consommateurs UFC-Que Choisir publie ce mois-ci - dans son magazine Que Choisir Santé - une étude sur les opérations de la thyroïde en France. Selon l'association, l'ablation reste "trop systématique" : une opération sur cinq serait carrément inutile. Les pouvoirs publics de santé ont été alertés.

(Maxppp)

Ablations "trop systématique(s) ", "chiffres inquiétants ", "pratique excessive ", "surtraitement "... L'étude que publie ce mois-ci l'UFC-Que Choisir, dans son magazine Que Choisir Santé , ne fait pas dans la demi-mesure. Selon l'association de défense des consommateurs, le postulat est simple : en France, "une ablation de la thyroïde sur cinq est inutile ".

Selon l'UFC-Que Choisir, il y a un problème de culture médicale dans le pays : "L'ablation de la thyroïde est aujourd'hui encore trop systématique, faisant courir inutilement des risques aux Français ".

Nombre de cancers en hausse

Les chiffres indiquent pourtant que de sérieux progrès ont été accomplis. En 1999, 478 personnes avaient succombé à un cancer de la thyroïde ; en 2012, le chiffre a baissé à 375 décès. Selon l'analyse personnelle de la revue Que Choisir Santé , cette baisse est en grande partie due à la détection désormais possible de tout petits nodules. Mais le problème est que "ces petits nodules, même cancéreux, bien souvent n'évoluent pas et ne devraient pas être retirés mais faire l'objet d'une surveillance ".

Plus grave, "on opère encore pour des nodules qui ne sont même pas cancéreux " affirme l'UFC-Que Choisir, qui convoque un rapport de l'Assurance maladie, publié en juillet 2013, selon lequel "21 % des ablations sont pratiquées pour des nodules en fait bénins ".

Les pouvoirs publics appelés à la rescousse

La Haute autorité de Santé (HAS) est pourtant très claire sur le sujet : l'opération ne se justifie pas en cas de nodule bénin. Surtout que les personnes opérées doivent très souvent prendre un traitement à vie, entraînant parfois des complications.

En conclusion de son étude, l'UFC-Que Choisir interpelle les pouvoirs publics de santé. À l'Assurance maladie, l'association demande de "porter publiquement ce problème de santé publique, notamment à travers une campagne de sensibilisation à destination de tous les patients ". Et rappelle à la HAS "l'urgence d'élaborer des recommandations étayées et actualisées à destination des médecins, et de mener une campagne de rappel des bonnes pratiques médicales concernant la prise en charge d'un nodule thyroïdien ".

En France, quelque 40.000 ablations de la thyroïde sont réalisées chaque année.