Génétique : des chercheurs ont réussi à modifier l'ADN d'embryons humains

C'est une première scientifique mondiale : imaginez que l'on soit capable d'enlever de l'ADN le gène responsable d'une maladie génétique, et de le remplacer par un gène sain dans un embryon humain. C'est ce que des chercheurs basés aux États-Unis sont parvenus à réaliser.

FRANCE 2

Pour la première fois, des chercheurs sont parvenus à faire disparaître un gêne malade d'un simple coup de "ciseau". Une prouesse médicale réalisée aux États-Unis, sur des embryons humains développés spécifiquement pour la recherche. Une équipe de scientifiques américains, chinois et sud-coréens ont utilisé la technique dite des "ciseaux moléculaires". Le principe? Une enzyme repère dans l'ADN de l'embryon un gêne porteur d'une grave maladie cardiaque héréditaire et la corrige en la découpant, à la manière d'une paire de ciseaux. 

Des questions éthiques qui nécessitent un débat public

Il s'agit potentiellement d'une grande avancée dans le traitement des maladies génétiques. Pour Juan Carlos Izpisua Belmonte, professeur à l'institut Salk, "c'est une étape fondamentale pour la santé humaine. Un jour, cette technologie permettra de sauver la vie de nombreuses personnes." Mais les scientifiques sont partagés entre l'espoir suscité par cette découverte et les problématiques d'ordre éthique qu'elle risque d'engendrer. "La question fondamentale, c'est : 'serait-il éthique d'accepter de continuer à laisser naître des enfants malades si nous avions une technologie sûre et efficace pour éviter ces maladies?' ", s'interroge Hervé Chneiweiss, président du comité d'éthique de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM). De leur côté, les Parlementaires français ont souligné l'intérêt thérapeutique de cette technique dans un rapport, à condition d'un débat public sur cette question.

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Un scientifique analyse de l\'ADN dans un laboratoire à Munich (Allemagne), le 3 mai 2017.
Un scientifique analyse de l'ADN dans un laboratoire à Munich (Allemagne), le 3 mai 2017. (ALEXANDER HEINL / DPA)