Anorexie et boulimie touchent 5 à 10% des Français

Selon une étude publiée par l'Inserm, ces troubles du comportement alimentaire n'ont pas seulement des origines psychiatriques mais aussi biologiques.

(L'anorexie et la boulimie touchent 5 à 10% de la population française selon l'Inserm © MaxPPP)

Les troubles du comportement alimentaire, comme l'anorexie et la boulimie touchent de 5 à 10 % de la population française. Une équipe de chercheurs de l'Inserm à Rouen vient de publier une étude. Ces maladies n'auraient pas seulement des origines psychiatriques, mais aussi biologiques. Une protéine bactérienne serait en cause, explique Pierre Déchelotte, directeur de l'unité responsable de cette étude. "C’est une nouvelle étape dans une recherche que nous menons depuis une dizaine d’années pour montrer que le fonctionnement des hormones de la faim et de la satiété est déréglé dans les troubles du comportement alimentaires."

 

On savait déjà que les hormones de la faim et de la satiété avaient leurs effets modifiés par les anticorps qui s’accrochent à elles. Cette fois, les chercheurs ont travaillé sur une bactérie intestinale. "Nous montrons qu’une protéine produit par cette bactérie a une partie qui ressemble comme deux gouttes d’eau à l’hormone de la satiété. Du fait de cette similitude, cela induit des anticorps qui reconnaissent cette bactérie et l’hormone de la satiété et qui interfère avec l’hormone de la satiété au niveau du cerveau." 

 

Ne pas négliger l’effet du psychisme

 

"Il y a des symptômes psychiatriques dans les troubles du comportement alimentaire, mais il y a aussi beaucoup de manifestations somatiques. On montre un effet direct d’une protéine sur le comportement alimentaire, mais on ne prétend pas que cela explique tous les mécanismes."  "Des études ont montré que le stress favorise les troubles du comportement alimentaire, on sait par ailleurs que le stress augmente la perméabilité intestinale, et que le stress augmente la production de cette protéine" explique Pierre Déchelotte, le directeur de l'unité responsable de cette étude. 

"On remarque que quand on prend en charge ces patients et que l’on s’intéresse autant à leur corps qu’à leur tête que les résultats sont meilleurs. On a besoin à la fois d’une prise en charge symptomatique et de psychothérapie sur le plan cérébral et en même temps faire un travail de rééquilibrage alimentaire" conclut le chercheur. 

Pierre Déchelotte, directeur de l'unité responsable de cette étude
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