Un Français adulte sur cinq est concerné par la "maladie du foie gras", selon une étude

La consommation de plus d'une canette de soda par jour est un facteur à risque, précise l'étude.

Une personne en situation d\'obésité.
Une personne en situation d'obésité. (PELAEZ JULIO / MAXPPP)

Près de 7,8 millions de Français seraient atteints de la "maladie du foie gras", la stéatose métabolique, de son nom scientifique. Cela représente 18,2 % de la population française. Parmi eux, 200 000 seraient même à un stade avancé de la maladie, la stéatose hépatite non alcoolique (NASH), qui est l'étape avant la cirrhose ou le cancer du foie. Ce constat est réalisé par les équipes du Professeur Lawrence Serfaty, chef du service hépatologie de l'hôpital de Strasbourg, dans des travaux révélés lors de la conférence internationale Paris NASH Meeting, qui se tient les 11 et 12 juillet. Cette maladie hépatique, associée à l'épidémie d'obésité et de diabète, est susceptible d'évoluer vers la cirrhose et le cancer du foie.

Les hommes plus touchés que les femmes

Cette maladie du foie gras est "deux fois plus fréquente chez l'homme (25,8%) que chez la femme (11,4%) et elle augmente avec l'âge", explique l'étude du professeur Serfaty. Les travaux de l'équipe du spécialiste strasbourgeois précise également que "l'obésité et le diabète sont des facteurs de risque majeurs : la NASH concerne 79,1% des obèses et 62,4% des diabétiques".

Dans cette étude, les chercheurs démontrent que "la consommation de plus d'une cannette de soda par jour ou l'usage du tabac, avec plus d'un paquet par jour pendant dix ans et la consommation modérée d'alcool étaient largement associés au risque de développer une stéatose métabolique et une NASH". Selon le professeur Serfaty, interrogé par franceinfo, le soda est donc à bannir. Certains de ses patients viennent le voir "à un stade avancé de la maladie, à un stade de cirrhose ou de cancer du foie, avec qui [il] parle de greffe et qui ne boivent pas d'alcool. Et on se rend compte que chez eux la consommation de soda est importante. J'avais par exemple un patient qui buvait un litre de soda par jour".

Parmi les remèdes, sans surprise, le sport est préconisé par les médecins. Plus surprenant, la consommation de café "au-delà d'une tasse non décaféiné par jour" peut protéger en partie le patient de la maladie, explique le professeur Serfaty.