Menus végétariens dans les cantines scolaires : près des trois quarts des communes appliquent la loi Egalim dans le primaire

Cette loi Alimentation promulguée en 2018 rend obligatoire la mise en place d'un menu végétarien une fois par semaine dans les cantines. Bien suivie dans le primaire, elle l'est moins au collège et au lycée selon l'étude de Greenpeace France.

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Radio France
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Une élève à la cantine d'un école de Nancy, en Meurthe-et-Moselle. (ALEXANDRE MARCHI / MAXPPP)

Près des trois quarts des communes (73%) appliquent la loi Egalim et proposent des menus végétariens au moins une fois par semaine dans les écoles maternelles et élémentaires. C'est ce que révèle mardi 22 septembre une enquête de Greenpeace France sur le respect de la loi Egalim dans les cantines scolaires.
La loi Alimentation (ou Egalim), promulguée fin 2018, a rendu obligatoire l’offre d’un menu végétarien par semaine, identique pour tous les élèves, ou en option lorsqu’il y a un double choix. Selon cette enquête, 71% des élèves des écoles maternelles et primaires ont droit chaque semaine à un menu végétarien (obligatoire ou optionnel). Ils n'étaient que 10 % il y a deux ans.

La loi moins respectée dans les petites communes et les DOM-TOM

Dans les petites villes, comptant moins de 100 élèves en primaire, seuls 53 % d’entre elles respectent la loi, alors que 81 % des grandes villes, ayant plus de 1 000 élèves dans le primaire, s'y conforment. Dans les DOM-TOM, le taux de non-application de la loi Egalim est également plus élevé. Sur 42 villes dont les menus ont été analysés, 46% proposent moins d’un menu végétarien par semaine dans les cantines. Selon l'étude, la qualité des menus est au rendez-vous et sont diversifiés. Plus de la moitié est composée de protéines végétales (dhal lentilles-coco et couscous végétarien notamment) et plus du quart des menus végétariens servis contient au moins une composante bio. Seul un menu sur cinq est composé d’omelettes ou d’œufs durs. Un quart des menus seulement comportent des produits de type galettes de soja, falafels et autres produits transformés.

Les collèges et lycées mauvais élèves

Greenpeace note que plusieurs villes ont pris les devants et font figure de pionnières en matière d’alimentation durable. Grenoble, Lille, Mouans-Sartoux (Alpes-Maritimes), Paris (2e, 10e,19e arrondissements) et Sainte-Savine (Aube) offrent à l’ensemble de leurs élèves deux menus sans viande ni poisson chaque semaine. Le bilan de l'enquête est plus mitigé dans le secondaire. Sur les 415 établissements dont les menus ont été analysés par Greenpeace, moins des deux tiers des collèges appliquent la loi et à peine plus de la moitié des lycées (52 % des 493 établissements dont les menus ont été analysés). La majorité des menus végétariens des collégiens et des lycéens est constituée d’omelettes. Des menus composés de protéines végétales sont rarement proposés. Un menu végétarien sur dix seulement contient une composante bio. 

Greenpeace réclame une meilleure application de la loi

Face à ces constats, Greenpeace France demande au gouvernement de s'assurer que la loi Egalim soit appliquée par 100% des écoles, collèges et lycées. Il doit ainsi soutenir "structurellement et financièrement, la mise en place de menus végétariens de qualité dans les écoles"L'ONG préconise que l’expérimentation actuellement en cours de la mise en place de menus végétariens dans les écoles soit élargie, pérennisée et étendue à l’ensemble de la restauration collective. Chaque année, environ 80 000 tonnes de viande et 120 000 tonnes de produits laitiers sont servies aux élèves, rappelle Greenpeace. Sur le seul déjeuner, les enfants consomment entre deux et quatre fois leurs besoins en protéines, précise l'ONG. 

L'enquête contributive de Greenpeace France, lancée en janvier 2020, a donné lieu à plus de 10 000 contributions. 80% des villes de plus de 3 000 habitants ont ainsi été couvertes. 15 387 menus végétariens d’écoles maternelles et élémentaires ont été passés au crible dans 2 820 villes au total. Ils concernent environ 3,8 millions d’écolier(ère)s. Les menus de 415 collèges et de 493 lycées ont été analysés. Cela représente près de 8 % des collèges et près de 20 % des lycées publics du pays.

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