Les eurodéputés rejettent un texte visant à interdire les appellations "steak" ou "burger" pour des produits végétariens

En revanche, l'appellation "yaourt", "fromage" ou "crème" ne pourra concerner que les produits contenant du lait animal. 

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Un burger vegan à Francfort-sur-le-Main (Allemagne), le 6 mai 2019.  (DANIEL ROLAND / AFP)

Les eurodéputés ont rejeté, vendredi 23 octobre, un texte visant à interdire les appellations "steak" ou "burger" pour des produits végétariens, tout en adoptant un amendement bannissant les noms "yaourt", "fromage" ou "crème" et les comparaisons avec des composants lactés pour les articles sans lait animal.

Le Parlement européen a voté à une large majorité contre un amendement proposant d'interdire dans l'UE l'usage de dénominations telles que "saucisse", "hamburger", "filet" ou "escalope" pour des produits à base de légumes ou de céréales qui ne contiennent pas de viande mais en imitent la texture. La France avait déjà adopté une telle interdiction.

En revanche, les eurodéputés ont approuvé à une écrasante majorité un autre amendement bannissant les appellations "yaourt", "fromage" ou "crème" pour les produits sans lait animal, y compris des articles non alimentaires ("gel douche au lait de soja"...). La justice européenne avait déjà censuré en 2017 le nom "lait de soja" pour les aliments. L'interdiction serait désormais étendue aux expressions de comparaison ("saveur crémeuse", "substitut de beurre", "style fromage"). Les seules exceptions étant des expressions établies de longue date (lait d'amandes, de coco ou beurre de cacao). L'amendement adopté sera désormais négocié avec les Etats membres. 

"Des restrictions inutiles sur les alternatives aux produits laitiers"

Le Copa-Cogeca, fédération des syndicats agricoles majoritaires européens, soutenait fortement les deux textes, dénonçant des noms de produits "déconnectés" de leur composition et les risques de "confusion" sur leur valeur nutritionnelle.

"C'est une excellente nouvelle que les eurodéputés aient fait preuve de sens commun sur les 'burgers vegans', les consommateurs ne sont trompés en rien dès que leur nature végétarienne ou végan est clairement signalée", a réagi Camille Perrin, du Bureau européen des unions de consommateurs (Beuc), une fédération de 43 associations de consommateurs issues de 31 pays européens.

"C'est par contre dommage qu'aient été approuvées des restrictions inutiles sur les alternatives aux produits laitiers (...) Les Européens doivent adopter un régime davantage basé sur le végétal, pour leur santé et le bien de la planète", a-t-elle estimé.

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