VIDEO. Affaire du lait contaminé, la transparence très particulière de Lactalis

Emmanuel Besnier, le patron de Lactalis a accepté d'être auditionné par les députés dans le cadre de l'affaire du lait infantile contaminé. Un sacré revirement pour celui qui avait pourtant tout fait pour l'éviter.  

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De la transparence ou de la poudre aux yeux ? Au coeur du scandale sur le lait infantile contaminé, le PDG de Lactalis, Emmanuel Besnier a promis de faire toute la lumière sur cet accident : "Je crois que les questions des députés sont légitimes, moi j’y vais avec le souci de la transparence."

Les députés ont créé une commission d’enquête parlementaire pour tirer les enseignements des dysfonctionnements des systèmes de contrôle et d'information. Le principe, auditionner les dirigeants. Ce matin, Emmanuel Besnier affirme à nouveau vouloir "faire toute la lumière sur ce qu’il s’est passé."

Pourtant, le 26 avril dernier, les avocats de Lactalis ont envoyé une lettre à la ministre de la Justice.

Sept pages, avec pour objectif  "l’interruption des travaux de la Commission d’enquête parlementaire". Selon eux, l’enquête parlementaire empièterait sur l’enquête judiciaire. Un argument balayé par le député (LREM) de l'Aube, rapporteur de la commission : "L’enquête de justice va cibler l’usine de Craon, aller sur l’analyse directe de chaque autocontrôle et se déplacer pour faire des tests directement là-bas. Nous on ne fait pas ça, on fait ça pour constater, prendre du recul et éviter que cela se reproduise." 

C'est une tentative de pression sur la garde des Sceaux et sur le président de l’Assemblée nationale

Christian Hutin

Le député (Nouvelle Gauche) du Nord, Christian Hutin, qui préside la Commission d’enquête parlementaire, y voit une volonté de Lactalis de torpiller le travail de la Commission : "Emmanuel Besnier joue sur les deux tableaux. Il y a d'un côté le tableau je viens, je fais de la transparence et de l'autre, le tableau j’ai mes avocats et j’essaie d’empecher cette commission d’aller jusqu’au bout. C'est une tentative de pression sur la garde des Sceaux et sur le président de l’Asssemblée nationale, et à ma connaissance ni l’un ni l’autre n’ont cédé."

Nous avons nous aussi voulu questionner le PDG de Lactalis sur les raisons de ce courrier, sans succès. Pour la transparence avec les journalistes on repassera. Au final, l’audition d’Emmanuel Besnier aura duré deux heures durant lesquelles il aura présenté ses excuses aux victimes. Selon le président de la Commission d’enquête, le patron de Lactalis a "fourni des réponses partielles à des questions précises".

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