La consommation de gibier sauvage fortement déconseillée aux femmes en âge de procréer

L’Anses déconseille aux femmes en âge de procréer et aux enfants de consommer de la viande de gibier sauvage souvent contaminée au plomb par les munitions des chasseurs. 

En 2016, 1 200 000 personnes pratiquant la chasse ont été recensées. ©VisualHunt
En 2016, 1 200 000 personnes pratiquant la chasse ont été recensées. ©VisualHunt

Il existe actuellement une "préoccupation sanitaire liée au plomb présent dans la viande de grand gibier sauvage (sangliers, cerfs, chevreuils…) qui […] apparaît surtout lié au phénomène de fragmentation des munitions", explique l’Anses (l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) dans une expertise publiée le 23 mars. Les personnes susceptibles de consommer régulièrement de la viande de gibier sont nombreuses : en 2016, 1 200 000 personnes pratiquant la chasse ont été recensées auxquelles il faut ajouter leur entourage.

Des effets nocifs du plomb observés durant la période de développement fœto-embryonnaire

L’Anses, qui avait été saisie par la Direction générale de l’alimentation et la Direction générale de la santé, conseille aux femmes en âge de procréer et aux enfants d’éviter toute consommation de viande de gibier sauvage "compte tenu des effets nocifs du plomb observés durant la période de développement fœto-embryonnaire et au cours de l’enfance". Elle préconise par ailleurs, pour le reste de la population, de ne pas en manger plus de trois fois par an.

A l’heure actuelle, au sein de l’Union européenne, les produits contenant une telle dose de plomb sont interdits à la vente. Néanmoins, en ce qui concerne les animaux chassés par des particuliers, aucune limite n’est fixée. L’Anses précise par ailleurs que "les données de consommation alimentaire chez les consommateurs fréquents de gibiers font défaut, empêchant toute évaluation spécifique des risques sanitaires".

Aussi l’Anses recommande-t-elle aux chasseurs ne pas utiliser de munitions au plomb et de découper la chair ayant été en contact avec la balle. Elle appelle par ailleurs à une meilleure documentation quant à la contamination du gibier sauvage, notamment aux dioxines, aux polychlorobiphényles, au cadmium et au plomb.