Brésil : la déforestation de l'Amazonie a connu un niveau record au premier semestre 2020

Le président Jair Bolsonaro est de plus en plus critiqué en raison de sa politique d'encouragement au développement de l'activité agricole et minière au détriment de la forêt amazonienne.

Un incendie dans l\'état de Para, au nord du Brésil, le 6 septembre 2019. 
Un incendie dans l'état de Para, au nord du Brésil, le 6 septembre 2019.  (JOHANNES MYBURGH / AFP)

La forêt amazonienne se réduit de jour en jour. Au cours des six premiers mois de l'année 2020, la déforestation a touché 3 069 km2, soit le chiffre le plus élevé depuis la compilation de ces données, rapporte vendredi 10 juillet l'Institut national des recherches spatiales (INPE). Cela représente une augmentation de 25% au premier semestre par rapport à la même période en 2019. Selon ce rapport, la déforestation est en augmentation pour le 14e mois consécutif. Le mois de juin, qui marque le début de la saison sèche et des incendies, a lui aussi atteint un record, avec 1 034 km2 déboisés.

Le Brésil sous la pression des investisseurs internationaux 

La pression se fait de plus en plus forte sur le gouvernement brésilien pour protéger la forêt amazonienne. Jeudi, le vice-président du Brésil, Hamilton Mourao, a révélé que les représentants de fonds d'investissement internationaux avaient conditionné leur participation à des projets de protection de l'environnement à des "résultats" dans le combat contre la déforestation. Fin juin, des fonds d'investissement d'Europe, d'Asie et d'Amérique du Sud pesant plus de 4 milliards de dollars avaient menacé dans une lettre ouverte au président d'extrême droite de retirer leurs investissements au Brésil si le gouvernement ne parvenait pas à contenir la destruction de la forêt amazonienne.

Cette semaine, 40 patrons brésiliens et étrangers ont fait part à Hamilton Mourao, qui coordonne le Conseil national de l'Amazonie, de leurs inquiétudes sur l'impact négatif de la politique environnementale du gouvernement sur l'image du pays. Ce dernier a par ailleurs annoncé la reprise des pourparlers avec la Norvège et l'Allemagne pour remettre à flot le Fonds Amazonie, au point mort à cause de désaccords avec le gouvernement brésilien. Des ministres ont ainsi annoncé que le gouvernement publierait la semaine prochaine un décret interdisant le brûlis pour l'agriculture pour une durée de 120 jours.