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Alimentation : une étude passe les habitudes des Français à la loupe

L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation (Anses) vient de livrer une étude sur les habitudes alimentaires et les modes de vie des français. Plus de 6 000 personnes ont été interrogées.

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Radio France
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Selon l'Anses, 80% des Français mangent régulièrement des aliments crus.  (JEAN-PIERRE MULLER / AFP)

Dis-moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es : l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation (Anses) a livré mercredi 12 juillet une étude complète sur les habitudes alimentaires et les modes de vie des Français. Plus de 6 000 personnes de tous âges ont été interrogées pour comprendre comment se comportent les habitants de l'Hexagone. Cette étude est réalisée tous les sept ans.

Les femmes et les hommes ont des habitudes alimentaires différentes

Le premier enseignement de cette étude concerne les différences de consommation entre les hommes et les femmes. Ces écarts sont significatifs : les femmes privilégient les yaourts, les compotes, les volailles, les soupes ou les boissons chaudes (comme le thé), tandis que les hommes préfèrent les produits céréaliers, les fromages, les viandes et les charcuteries. 

Cependant, quel que soit le sexe, les Français consomment trop de sel, même si les doses sont en diminution depuis plusieurs années, et pas assez de fibres. Les fibres sont contenues dans les fruits, les légumes ou les produits céréaliers, par exemple. Elles sont bonnes pour la santé parce qu'elles favorisent le transit intestinal et protègent contre le cancer colorectal. 

Les Français friands d'aliments crus

Selon l'étude de l'Anses, plus de 80% des adultes mangent régulièrement des aliments d'origine animale qui sont crus. Ce sont principalement des poissons ou des viandes mais aussi des œufs, ce qui est un grand classique puisque cela comprend des préparations comme la crème anglaise. Pour consommer ces aliments crus, il faut rester prudent. "Quand on ne cuit pas un aliment, on ne détruit pas les bactéries qui s'y trouvent ni les parasites, éventuellement", explique Charlotte Grastilleur, directrice adjointe de l'Anses en charge de l'évaluation des risques liés aux aliments. "Les produits crus peuvent poser problème en termes de santé, notamment de contraction de maladies infectieuses ou parasitaires, chez les populations dites sensibles." Certaines populations doivent donc être particulièrement attentives : les jeunes enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées et toute personne qui se serait affaiblie notamment à cause d'un traitement médical.

Cette nouvelle habitude alimentaire concerne plus les hommes que les femmes. Elles est aussi beaucoup plus répandue chez les diplômés que chez les ouvriers. Il y a également une particularité régionale pour l'Île-de-France : c'est la région où l'on trouve les taux de consommateurs de poissons crus les plus élevés avec 70% des adolescents et 50% des adultes.

Enfin, les 200 enquêteurs de l'Anses ont pu constater en réalisant leur étude que les Français consomment de plus en plus d'aliments qu'ils cueillent dans la nature, qu'ils cultivent chez eux ou dans des jardins familiaux. Si l'initiative est bonne, l'Anses recommande cependant d'être prudent avec ce genre d'aliments parce qu'ils peuvent contenir des métaux ou des pesticides.

De mauvaises habitudes dans le réfrigérateur

Les chercheurs de l'Anses ont relevé deux mauvaises habitudes prises par les Français dans leur consommation quotidienne d'aliments. Tout d'abord, nous sommes de moins en moins attentifs à la date limite de consommation (DLC). Cette date figure sur les emballages et définit une date au-delà de laquelle il ne faut pas consommer l'aliment. Les Français la respectent de moins en moins : ainsi, pour le jambon, le saumon fumé ou la viande préemballée, 50% des sujets interrogés vont au-delà de la DLC. Pour les plats cuisinés, ils sont même deux Français sur trois à consommer le produit après cette DLC. 

Cette mauvaise habitude est d'autant plus dangereuse que la plupart des réfrigérateurs ne sont pas à la bonne température. Ainsi, 50% des réfrigérateurs visités par les enquêteurs affichaient une température supérieure à 6°C. La bonne température doit être comprise entre 1°C et 4°C. "Qui dit conservation d'un aliment à une température qui n'est pas adaptée, dit prolifération des microbes", analyse Charlotte Grastilleur. "Ça peut être des microbes d'altération, ce qui veut dire que les produits vont pourrir plus rapidement. (...) Dans le même temps, des bactéries pathogènes, c'est-à-dire à l'origine des maladies, se multiplient largement." Dans ces cas-là, on peut être confrontés à des maladies diverses et variées apportées par les salmonelles, les bacillus ou la listeria. 

L'obésité et le surpoids en augmentation

Les chiffres de l'obésité et du surpoids ne s'améliorent pas : le surpoids est présent chez 13% des adolescents et 34% des adultes, dans le même temps 4% des adolescents sont obèses et 17% des adultes aussi. Ces chiffres ne faiblissent pas. Les mauvaises habitudes alimentaires constituent un des facteurs explicatifs mais il faut aussi prendre en compte le mode de vie des Français, de plus en plus sédentaires. En effet, à l'heure actuelle, deux adolescents sur trois et 80% des adultes sont inactifs pendant plus de trois heures par jour, chez eux, devant leur écran. Cette tendance est en forte augmentation puisque l'inactivité a augmenté de vingt minutes en sept ans chez les adolescents et d'une heure et vingt minutes chez les adultes.

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