Scandale de l'amiante : les mises en examen annulées dans deux dossiers emblématiques

La cour d'appel de Paris a une nouvelle fois annulé vendredi les mises en examen des responsables nationaux dans les dossiers de Jussieu et de Normed. Le président de l'association régionale des victimes dénonce un "coup de bâton en plein visage".

Manifestation de l\'Association nationale de défense des victimes de l\'amiante, le 7 octobre 2016, à Paris.
Manifestation de l'Association nationale de défense des victimes de l'amiante, le 7 octobre 2016, à Paris. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

Après plus de 20 ans d'enquête, la cour d'appel de Paris a une nouvelle fois annulé vendredi 15 septembre les mises en examen de neuf responsables nationaux, dans deux dossiers emblématiques du scandale de l'amiante : le campus parisien de Jussieu et les chantiers navals Normed de Dunkerque. Ces industriels, scientifiques ou hauts fonctionnaires, avaient été mis en examen entre fin 2011 et début 2012 pour "homicide et blessure involontaire".

"C'est un nouveau coup de bâton en plein visage, c'est un véritable mépris vis-à-vis des victimes. Quelles explications donner à cela ?", a réagi sur franceinfo Pierre Pluta, ancien salarié des chantiers navals de Dunkerque, président de l'association régionale des victimes de l'amiante.

Des milliers de morts, aucun responsable. Aujourd'hui, je ne sais pas si la justice mesure les conséquences de sa décision (...) C'est un permis de tuer qui leur est donné en toute impunité.Pierre Plutaà franceinfo

"Comment les juges peuvent décider que des milliers de morts ce n'est la faute de personne ? C'est le fait du hasard ?", s'est interrogé Pierre Pluta. Cette décision "est incompréhensible pour nous victimes, pour le passé, mais surtout pour l'avenir", a-t-il poursuivi. "Nous avons besoin que justice soit rendue, mais nous avons besoin aussi de nous battre pour l'avenir, pour ne pas que nos enfants et nos petits-enfants aient à subir le même sort que le nôtre."

Pierre Pluta, qui se bat depuis 20 ans, a vu "des centaines de collègues" disparaître. Il ne veut pas baisser les bras. "Le combat continue, nous allons engager un pourvoi en cassation et bien entendu ce procès nous l'aurons. On se battra jusqu'à la fin pour obtenir ce procès", a-t-il annoncé.