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Le Mediator aurait dû être retiré de la vente entre 1998 et 2003, selon des experts

Le rapport des experts missionnés par la justice chargés de l'instruction estime que le médicament des laboratoires Servier est responsable de 1 300 à 1 800 morts à long terme.

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Une boîte de Mediator, médicament anti-diabétique des laboratoires Servier, photographiée le 13 mai 2011 à Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor). (CITIZENSIDE / AFP)

Le rapport d'expertise judiciaire sur le scandale du Mediator est sévère avec les autorités françaises du médicament : selon ses conclusions, présentées au parquet vendredi 12 avril, le médicament aurait dû être retiré par le laboratoire Servier ou par les autorités entre 1998 et 2003, au vu des premiers cas. Or le Mediator, dont les "propriétés anorexigènes puissantes" sont confirmées par ce rapport, a été suspendu en novembre 2009, et retiré définitivement en juillet 2010.

Les experts estiment que ce médicament anti-diabétique, prescrit de manière abusive comme coupe-faim et qui a causé des malformations cardiaques chez de nombreux patients, est responsable de 220 à 300 morts à court terme, et de 1 300 à 1 800 à long terme. Les experts estiment également qu'il est à l'origine de 3 100 à 4 200 hospitalisations pour insuffisance valvaire.

Une étude publiée en février 2012 par le journal spécialisé Pharmacoepidemiology & Drug Safety avait estimé que le Mediator avait "probablement" causé 3100 hospitalisations, et au moins 1 300 morts par valvulopathie entre 1976 et 2009 en France. Quant à l'information des médecins, le rapport estime parallèlement que "l'absence d'informations lisibles concernant le métabolisme du benfluorex [la molécule du Mediator] et sa parenté avec les anorexigènes n'a pas permis aux praticiens d'exercer une surveillance adéquate des patients sur le plan cardiovasculaire et pulmonaire".

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