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Procès en appel du Mediator : "Nous avons décidé de broder le nom des victimes à l’intérieur de nos robes", explique l'avocat de 3 600 parties civiles

Le procès en appel du Mediator, cet antidiabétique utilisé comme coupe-faim, qui a causé de graves effets secondaires chez les patients, touche à sa fin. Le temps est aux plaidoiries. L'accusation présentera ses réquisitions les 30 et 31 mai.
Article rédigé par franceinfo - avec France Bleu Gironde
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Temps de lecture : 2 min
L'avocat Jean-Christophe Coubris. (DANIEL FOURAY / MAXPPP)

"Nous avons décidé de broder [le] nom [des victimes] à l’intérieur de nos robes et de les porter fièrement sur nous", explique mercredi 24 mai sur France Bleu Gironde maître Jean-Christophe Coubris, avocat bordelais qui représente plus de 3 600 parties civiles au procès en appel du Mediator.

>> Procès en appel du Mediator : "Il faudrait que l'amende soit vraiment énorme pour faire mal" aux laboratoires Servier, réclame l'une des victimes

Le procès en appel du Mediator se termine. L’heure est aux plaidoiries des avocats des parties civiles mercredi. Jean-Christophe Coubris, avocat bordelais, plaide à la barre avec les noms des victimes du laboratoire Servier brodées sur sa robe noire de magistrat. "C’est une décision que nous avons prise pour permettre à nos victimes, très nombreuses, d’être présentes à cette audience. Ce sont des victimes malheureusement pour certaines malades, pour d’autres âgées, qui ne pouvaient pas faire le déplacement", explique Me Jean-Christophe Coubris, sur France Bleu Gironde.

"Je ne pouvais pas accepter l'idée qu'elles ne soient pas présentes d'une façon ou d'une autre."

Jean-Christophe Coubris, avocat

à franceinfo

"Et donc nous avons décidé de broder leurs noms à l’intérieur de nos robes et de les porter fièrement sur nous", poursuit-il. Le Mediator est un antidiabétique utilisé longtemps comme coupe-faim, jusqu'à son retrait du marché en 2009. Il a provoqué de graves effets secondaires chez des milliers de patients, notamment des problèmes cardiaques. "C’est un produit qui a touché le cœur, qui a tué un certain nombre de nos victimes, nous avons malheureusement plus de 300 décès constatés", déplore l'avocat. 

"Depuis 2011, nous nous battons contre le laboratoire Servier"

Parmi ces victimes, maître Coubris raconte le calvaire de Francisca Guardiola, surnommée "Paquita", qui comme beaucoup de patients avait pris du Mediator pour maigrir. "Elle a eu une valvulopathie, poursuit Jean-Christophe Coubris, il a fallu l'opérer. L'opération ne s'est pas très bien passée. Il a fallu ensuite la greffe d'un cœur puisque sinon, elle allait mourir. Et il se trouve que le donneur de son cœur avait aussi consommé du Mediator. Et aujourd'hui, des années après sa greffe, une valvulopathie apparaît à nouveau. Elle garde le sourire, elle sera présente à l’audience, mais elle est vraiment pour moi une victime qui représente toute la souffrance qu'ont pu ressentir ces milliers de personnes qui ont consommé du Mediator".

Pour l'avocat comme pour les parties civiles, c'est la fin d'un "véritable parcours du combattant. Depuis 2011, nous nous battons contre le laboratoire Servier. C’est une attente aussi pour toutes ces victimes qu’il y ait une décision définitive qui condamnera, je l’espère, le laboratoire Servier pour tous ses méfaits avec l’usage du Mediator". Le laboratoire Servier avait été condamné en première instance à une amende d’un peu moins de trois millions d’euros. "J’attends avant tout la confirmation. Le code n’était pas prévu pour ce genre de comportements et les sommes susceptibles d’être prononcées sont quasiment toutes déjà au maximum, sauf peut-être l’escroquerie. Mon attente avant tout est d’avoir une confirmation quant aux condamnations pénales, aux sanctions et à l’indemnisation civile qui ont été allouées par le tribunal en mars 2021", [en première instance]. Le procès doit s’achever le 8 juin. Puis les parties civiles devront "patienter jusqu’au 20 décembre pour connaître le délibéré de la cour d’appel qui je l’espère viendra satisfaire toutes les attentes de nos victimes", conclut l’avocat.

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