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Un monde d’avance. Les inquiétudes des opposants chinois face à la diplomatie de Joe Biden

De nombreux militants pro-démocratie en Asie ne voyaient pas d'un si mauvais œil Donald Trump, qui osait s'opposer frontalement à la Chine.

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Joe Biden, président américain élu, à Wilmington dans Delaware, le 24 novembre 2020 (photo d\'illustration).
Joe Biden, président américain élu, à Wilmington dans Delaware, le 24 novembre 2020 (photo d'illustration). (CHANDAN KHANNA / AFP)

Joe Biden a promis, lors de son élection, d’effacer les années Trump par un retour à une diplomatie classique où les États-Unis entendent renouer avec leurs alliés traditionnels. Mais cela génère aussi des inquiétudes. Cette vision est pourtant majoritairement perçue comme très rassurante dans le monde des relations internationales.

En quatre années à la tête de la première puissance du monde, Donald Trump a complètement bouleversé les règles de la géopolitique, en se retirant des accords internationaux conclus par les États- Unis, en bouleversant les vieilles alliances, en adoptant des approches iconoclastes comme avec la Corée du Nord.

Une opposition frontale de Trump appréciée

Joe Biden, lui, promet un retour au multilatéralisme, et à cette diplomatie à l'ancienne qu'il a pratiqué au premier plan en tant que président de la commission des Affaires étrangères du Sénat, et tout au long des deux mandats de Barack Obama dont il était le vice-président. Mais en Asie, de nombreux militants pro-démocratie manifestent leurs inquiétudes. Tous ne voyaient pas en effet Donald Trump d'un si mauvais œil, lui qui osait s'opposer frontalement à la Chine.

En quatre ans, la guerre commerciale entre les deux puissances s'est traduite en durcissement politique, qui est allé crescendo à l'approche de l'élection. Ces derniers mois, Donald Trump a même multiplié les gestes : sanctions contre les dirigeants hongkongais, par exemple, visés par le Trésor américain, mots très durs contre la Chine, traitée de régime "prédateur" et de "pire menace pour les libertés religieuses". Une ligne rouge pour Pékin qui en fulmine encore.

La crainte d'un retour de la diplomatie de compromis

Jamais les États-Unis n'étaient allés aussi loin. D’où les inquiétudes de certains, dans le camp pro-démocratie qui craignent que Joe Biden ne cherche à tout prix à calmer le jeu, et qu’on en revienne à une diplomatie de compromis. Une approche qui, selon eux, n'a jamais servi à rien avec les autorités chinoises. Leurs inquiétudes sont alimentées par des rumeurs, largement diffusés par des réseaux complotistes proche de Donald Trump qui insinuent que la campagne de Joe Biden aurait été financée avec l'aide et la bénédiction du Parti communiste chinois.

Joe Biden, le démocrate, et sa vice-présidente Kamala Harris sont régulièrement taxés de communistes par une part de l'électorat républicain, accusation "repoussoir" pour une partie de la population américaine. Et une source d'inquiétude, donc, pour les militants asiatiques qui vont attendre le nouveau président au tournant.

Joe Biden, président américain élu, à Wilmington dans Delaware, le 24 novembre 2020 (photo d\'illustration).
Joe Biden, président américain élu, à Wilmington dans Delaware, le 24 novembre 2020 (photo d'illustration). (CHANDAN KHANNA / AFP)