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Sous l'effet de la pandémie, les ventes en ligne ont augmenté de 22% l'an dernier dans le monde

Les Français sont nombreux à l'avoir expérimentée depuis un an : la vente en ligne est devenue un recours par temps de pandémie. Un rapport de l’ONU le confirme et souligne le leadership des entreprises chinoises dans ce secteur.

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Alibaba a vendu l’an dernier pour plus de 1 100 milliards de dollars de marchandises en ligne
Alibaba a vendu l’an dernier pour plus de 1 100 milliards de dollars de marchandises en ligne (GREG BAKER / AFP)

Ces achats représentent désormais 19% du total des ventes au détail dans le monde. Conclusion principale d’une étude de la CNUCED, la Conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement, menée dans sept pays tests et publiée ce lundi 3 mai. C’est évidemment une conséquence directe des restrictions et des couvre-feux liés au virus. Cela dit, la vente en ligne ne concerne les particuliers qu'en seconde intention : ce sont d’abord des ventes entre les entreprises (ce qu’on appelle en anglais le BtoB) : 87% du total. La vente directe au consommateur, c’est seulement 13%. L’augmentation est particulièrement forte dans certains pays, par exemple l’Australie : + 60% en un an. En Europe, les pratiques varient d’un pays à l’autre : c’est le Royaume-Uni le plus friand de ce type de consommation, loin devant la France et l’Allemagne. La hausse est un peu moins marquée en Chine où l’économie a redémarré plus vite : + 14% quand même. Et surtout la Chine demeure le grand pays de la vente en ligne : 639 millions d’acheteurs.  

Alibaba champion toutes catégories

La conséquence directe, c’est que les entreprises chinoises trustent le palmarès. En France, quand on parle vente en ligne, on pense d’abord au géant américain Amazon. Et le fait est qu’Amazon voit ses résultats partir en flèche : ses profits ont été multipliés par trois au premier trimestre de cette année. Et le nombre de ses salariés dans le monde est passé de 800 000 à 1,3 million en un an. Plus 500 000, le chiffre est impressionnant, même si les conditions de travail sont précaires et controversées. Cela dit, même avec ces résultats spectaculaires, Amazon n’est que le numéro 2 mondial de la vente en ligne, très loin derrière le chinois Alibaba, qui pèse deux fois plus : Alibaba a vendu l’an dernier pour plus de 1 100 milliards de dollars de marchandises en ligne. Et après Alibaba et Amazon, les numéros 3 et 4 sont également chinois : JD.com et Pinduoduo. Le phénomène profite aussi aux spécialistes du secteur sur les autres continents : par exemple en Amérique du Sud, le site Mercado Libre ou en Afrique le site Jumia ont vu leurs ventes augmenter respectivement de 40% et de 50% l’an dernier. C’est donc bien un phénomène mondial.  

Les sites de transport et de tourisme en souffrance

Mais ça ne profite pas à tout le monde, puisqu’il y a des secteurs en souffrance : les transports, le tourisme, et ça se retrouve sans surprise dans les résultats des entreprises de réservation d’hôtel ou d’avion, de location d’appartements, de covoiturage. Booking, Airbnb, Expedia sont tous en recul sur les 12 derniers mois. Et ils comptent beaucoup sur la levée des restrictions cet été en Europe pour redresser la barre. Le rapport de l’ONU souligne aussi combien cette hausse du commerce en ligne est structurelle. Et combien elle risque aussi d’accroitre la fracture numérique entre pays riches et pays pauvres ou en développement. Les ventes en ligne, ça ne marche que si l’infrastructure numérique et informatique est solide.

Alibaba a vendu l’an dernier pour plus de 1 100 milliards de dollars de marchandises en ligne
Alibaba a vendu l’an dernier pour plus de 1 100 milliards de dollars de marchandises en ligne (GREG BAKER / AFP)