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Présidentielle en République tchèque : un milliardaire populiste, un général en retraite et une femme universitaire se disputent les votes

Les huit millions d’électeurs de la République tchèque sont invités aux urnes ces 13 et 14 janvier. C’est le premier tour de la présidentielle dans ce pays du cœur de l’Europe. Trois candidats se détachent avec trois profils très différents.

Article rédigé par France Info
Radio France
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Le candidat à la présidentielle et ancien Premier ministre tchèque Andrej Babis s'adresse aux journalistes après avoir voté à Pruhonice près de Prague, le 13 janvier 2023. (MILAN KAMMERMAYER / AFP)

Les trois sont au coude à coude : tous crédités de 24 à 28% dans les enquêtes d’opinion. Le milliardaire est à la fois le plus connu et le plus controversé des candidats. Andrej Babis, 68 ans, 5e fortune du pays, est un dirigeant populiste qui a occupé le poste de Premier ministre avant de perdre aux législatives, fin 2021, battu par une coalition de centre-droit. Andrej Babis espère donc rebondir en devenant président ; il a l’appui du chef de l’État sortant, le tout aussi controversé Milos Zeman, et son fort penchant pour l’alcool. Andrej Babis est controversé en raison de son passé d’agent présumé de la police secrète pendant la période communiste et surtout en raison des soupçons de corruption qui le visent. Il vient toutefois d’être acquitté dans l’enquête sur sa société le Nid de Cigogne, accusée de fraude aux subventions européennes.

Andrej Babis se targue du soutien implicite d’Emmanuel Macron, qui l’a reçu il y a quelques jours à l’Elysée. Cette rencontre a d’ailleurs vivement irrité l’opposition tchèque et a surpris certains diplomates puisque Andrej Babis fait également l’objet d’une enquête du parquet financier en France, sur les conditions d’achat d’une villa à Mougins.  

Un ex-parachutiste et une économiste de renom

Andrej Babis voit donc se dresser face à lui un général et une universitaire, deux pointures, chacun dans leur domaine et leur style. Petr Pavel, 61 ans, est une figure de l’armée tchèque, plusieurs fois décoré, notamment pour son comportement lors de la guerre en Bosnie dans les années 90. Ancien parachutiste d’élite, puis ancien chef d’état-major de l’armée tchèque, Petr Pavel est ensuite devenu commandant militaire de l’Otan de 2015 à 2018. Ses priorités : la sécurité, le contrôle de l’immigration. Danuse Nerudova est plus jeune, 44 ans. Économiste de formation, elle a dirigé l’université de Brno, la deuxième ville du pays. Elle incarne le courant libéral et social, a beaucoup fait campagne sur les réseaux sociaux et mise sur le vote des jeunes. Si Danuse Nerudova s’impose, elle rejoindrait la liste désormais fournie de femmes chefs d’État ou de gouvernement dans les anciens pays du bloc de l’Est : la slovaque Caputova, la slovène Pirc Musar, la finlandaise Marin, l’estonienne Kallas.  

400 000 réfugiés ukrainiens

Deux enjeux majeurs ont dominé la campagne dans ce pays né de la division de l’ex Tchécoslovaquie en 1993. D’une part, comme dans de nombreux pays européens, l’inflation, très forte. Plus de 15%. Elle fait peser une incertitude sur l’avenir de l’industrie automobile, cruciale pour le pays. D’autre part, bien sûr, l’aide à l’Ukraine, aide militaire et humanitaire : la République Tchèque accueille 400 000 réfugiés ukrainiens, c’est considérable: c’est comme si la France en accueillait 2 millions et demi. En République Tchèque, c’est le gouvernement, issu des législatives, qui détient le pouvoir exécutif. Mais la présidence est plus qu’une fonction honorifique. Le président est le chef des armées et il nomme à la fois le gouverneur de la Banque Centrale et les juges de la Cour Constitutionnelle. Si aucun de candidats ne l’emporte au premier tour et c’est probable, il y aura un second tour dans deux semaines.  

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