Plus de 200 dauphins pilotes échoués en Tasmanie, conséquence potentielle du réchauffement climatique

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Cet échouage massif n'est pas une première dans cette grande île située au sud de l’Australie. La répétition du phénomène interroge sur l'impact du changement climatique qui peut déboussoler le système de navigation de ces animaux.

 

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Radio France
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Plus de 200 dauphins ont été retrouvés échoués sur une plage de Tasmanie. (Department of Natural Resources and Environment Tasmania / AFP)

Les images de la télévision australienne sont sidérantes : les animaux sont soit échoués, inanimés, sur la plage, soit en train de se débattre dans quelques centimètres d’eau. Et ils sont donc plus de 230 selon les estimations des sauveteurs. Pour la moitié d’entre eux, ils sont sans doute déjà morts. La scène rappelle évidemment celle de ces baleines échouées récemment sur les côtes françaises. Mais avec une tout autre ampleur : des centaines d’animaux sont échoués.

Cela se passe dans la baie de Macquarie et au nord de cette baie, un endroit très isolé sur la côte ouest de la Tasmanie, une côte battue par les vents : c’est très au sud, il n’y a aucune terre jusqu’au Cap Horn en Amérique Latine. Et la baie de Macquarie, un peu le bassin d’Arcachon en deux fois plus grand, est une sorte de piège pour les animaux : l’entrée y est facile à marée haute, mais il est quasi-impossible d’en ressortir à marée basse, en raison des nombreux bancs de sable. 

Ces animaux échoués sont des globicéphales, reconnaissables à leur tête arrondie très caractéristique. En anglais on les appelle "pilot whales", et en français dauphins pilotes : ils ressemblent à de gros dauphins ou à de petits cachalots.

Un compte à rebours pour sauver les animaux

Lundi 19 septembre, 14 cachalots avaient déjà été retrouvés morts un peu plus au nord, sur les berges de King Island. Mais là, le phénomène est autrement plus massif. Et il rappelle un échouage précédent dans la même zone de Macquarie, il y a deux ans : plus de 350 animaux y avaient perdu la vie. A l'époque, les secouristes en avaient quand même sauvé une centaine. Mais c’est un compte à rebours. Il faut éviter l’assèchement et la déshydratation des animaux échoués. Notamment en couvrant les animaux avec des couvertures. Il faut ensuite les aider à retrouver la mer, en les tractant en partie. Mais ces animaux pèsent plus de deux tonnes. Et la région est difficile d’accès, la météo capricieuse, les vents violents. La police a fermé toutes les routes d’accès au Nord de Macquarie, afin d’empêcher la population locale de se précipiter pour prendre des photos des animaux. Et il faut faire vite. Les secouristes n’ont que quelques heures pour sauver les animaux échoués.   

Une désorientation potentiellement liée au réchauffement

Les animaux ont été victimes d’une forme de désorientation qui les a conduits dans une zone où le niveau d’eau est insuffisant. La désorientation peut aussi avoir été provoquée par des séismes sous-marins ou des sonars militaires. L’hypothèse d’une maladie semble écartée. Mais le plus probable, c’est que cette désorientation des animaux soit une conséquence du réchauffement climatique : les changements dans la température de l’eau, le besoin de trouver de la nourriture, tout cela peut conduire ces dauphins pilotes beaucoup trop près des côtes. Comme ces animaux sont réputés très intelligents, la répétition de ces échouages ces dernières années fait donc penser mécaniquement à un effet en chaîne du réchauffement.    

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