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Mexique : le retour de la guerre des gangs

Le pays d'Amérique Centrale est une nouvelle fois ensanglanté par la guerre des cartels de la drogue.

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Une fusillade dans un bar, le Caballo Blanco (le Cheval Blanc), en plein centre-ville de Coatza Coalcas dans le Sud-Est du pays a fait 23 morts mardi 27 août 2019.
Une fusillade dans un bar, le Caballo Blanco (le Cheval Blanc), en plein centre-ville de Coatza Coalcas dans le Sud-Est du pays a fait 23 morts mardi 27 août 2019. (VICTORIA RAZO / AFP)

Le mardi 27 août, à 22h locales, dans la ville côtière de Coatza Coalcas dans le sud-est du pays, sur le Golfe du Mexique, plusieurs hommes lourdement armés font irruption dans un bar, le Caballo Blanco (le Cheval Blanc), en plein centre-ville. Sans hésitation, ils ouvrent le feu et lancent des cocktails Molotov. Le bilan est très lourd : 23 morts (15 hommes, 8 femmes). Et les meurtriers disparaissent dans la nature.

Le gouverneur de la région a aussitôt laissé entendre qu’il s’agissait d’un règlement de comptes entre gangs. Déjà, début août, à Uruapan, cette fois dans le centre du Mexique, 19 personnes avaient été retrouvées mortes, leurs corps mutilés, certains pendus à moitié nus sur un pont. Acte revendiqué par l’un des cartels de la drogue mexicain. Et samedi 24 août, dans la même région, un journaliste a été retrouvé assassiné. C’est le 10e reporter tué dans le pays depuis janvier, ce qui fait du Mexique le pays le plus dangereux au monde pour la presse, avec la Syrie et l’Afghanistan.  

Un mort tous les quarts d'heure

La violence liée aux gangs atteint à nouveau des niveaux sans précédent au Mexique. C’est vraiment le fléau qui dévore ce pays grand comme trois fois la France, 125 millions d’habitants, deuxième économie d’Amérique Latine. Après avoir culminé il y a une dizaine d’années, la guerre des cartels s’était un peu calmée, mais depuis deux ans c’est reparti. Un seul chiffre : près de 35 000 homicides liés aux gangs l’an dernier au Mexique. C’est un record. Et cette année, c’est parti sur le même rythme, avec déjà plus de 20 000 morts. Ça veut dire un assassinat tous les quarts d’heure !

Toutes les régions du pays sont touchées. De nouveaux cartels se sont constitués, en particulier le CJNG, pour Cartel Jalisco Nueva Generacion (la Nouvelle Génération du Cartel de Jalisco) qui n’hésite pas à signer ses crimes et à défier ouvertement les pouvoirs publics en défilant dans les rues. Il s’agit évidemment de contrôler la production et le commerce de la drogue, l’opium, la marijuana. Mais aussi toute une partie de la production agricole classique, par exemple la production d’avocats. Vols, extorsions de fonds, enlèvements, tout y passe. C’est la règle "plato o plomo", littéralement "l’argent ou le plomb", "la bourse ou la vie".  

Le pouvoir impuissant

En face, le président mexicain, Amlo comme on le surnomme (ce sont ses initiales), a initié une nouvelle stratégie tous azimuts. Il s’agit à la fois de combattre la pauvreté en améliorant la scolarisation, de proposer des mesures d’amnistie et de renforcer les pouvoirs de l’armée. Une nouvelle force a été créée, la "Guardia Nacional", sorte de police placée sous commandement militaire. Ces mesures sont loin de faire l’unanimité au Mexique, d’autant que jusqu’à présent ça ne donne pas beaucoup de résultats. Il faut dire que localement, les fonctionnaires de police et les dirigeants politiques sont souvent corrompus, tenus indirectement par les cartels surpuissants. Cette violence terrible n’est donc pas près de s’arrêter.

Une fusillade dans un bar, le Caballo Blanco (le Cheval Blanc), en plein centre-ville de Coatza Coalcas dans le Sud-Est du pays a fait 23 morts mardi 27 août 2019.
Une fusillade dans un bar, le Caballo Blanco (le Cheval Blanc), en plein centre-ville de Coatza Coalcas dans le Sud-Est du pays a fait 23 morts mardi 27 août 2019. (VICTORIA RAZO / AFP)