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Les Lituaniens se cotisent pour financer des radars pour l’Ukraine : six millions d'euros récoltés en quatre jours

Alors que Kiev accueillait un sommet entre l'Ukraine et l'Union européenne, le Lituanie, le plus grand des pays Baltes, au Nord-Est de l’Europe, a lancé une initiative originale : collecter des fonds, façon Téléthon, pour acheter du matériel militaire pour l’Ukraine.
Article rédigé par franceinfo
Radio France
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Les Lituaniens depuis le début de l'invasion russe se montrent très solidaires du peuple ukrainien. Cette photo a été prise à Vilnius, la capitale de la Lituanie, le 27 février 2022. (VALDA KALNINA / EPA)

Une opération fait un tabac en Lituanie. Ce pays a lancé une collecte de dons pour acheter du matériel militaire à l'Ukraine. Près de six millions d’euros ont été collectés en un peu plus de quatre jours, une somme considérable pour un pays de moins de trois millions d’habitants et de la taille d’une région française avec ses 65.000 km2. La collecte, loin de se ralentir, s’accélère. Vendredi 3 février de 8h à 9h, 1 million d'euros a été récolté en 1heure.

Le principe est simple, il a été lancé lundi 30 janvier par plusieurs ONG et associations de soutien à l’Ukraine et relayé par la radio-télévision publique lituanienne, l’équivalent de Radio France et de France Télévisions. Il s’agit tout simplement d’un appel aux dons du public : appelez ce numéro, à l'instar du célèbre "3637" du Téléthon, et donnez. L’initiative ne vient pas du gouvernement lituanien mais bien des ONG et elle est appuyée par de nombreuses entreprises. Par exemple une firme informatique, une licorne, Tesonet vient elle aussi de verser un million d'euros. Parmi les sponsors de l’opération, on trouve aussi des firmes étrangères, par exemple la française JC Decaux, spécialisée dans  les affichages publics. La collecte va durer encore trois semaines, jusqu’au 24 février, date de l’attaque russe il y a un an.

Des radars israéliens de dernière génération

L’opération a été baptisée Radarom parce que l’objectif est clairement affiché : acheter des radars, plus spécifiquement des radars israéliens de dernière génération. Le coût moyen de chaque unité est d'un million d’euros. Ces radars anti-aériens sont capables de détecter aussi bien des missiles de haute altitude que des drones de très basse altitude. La marque exacte de ces radars n’est pas précisée, mais les organisateurs de la collecte affirment avoir obtenu l’accord de l’entreprise israélienne en question. Ce n’est pas la première collecte du genre en Lituanie. L’été dernier, une opération similaire avait permis de réunir cinq millions d’euros pour acheter un drone Bayraktar turc. Finalement, la Turquie avait offert le drone et la somme avait donc servi à acheter d’autres matériels militaires. Mais cette fois la collecte devrait donc être beaucoup plus importante. "C’est la preuve que le soutien à l’Ukraine ne faiblit pas", nous confie l’ambassadeur de Lituanie à Paris. "Nous ne sommes pas fatigués !".  

La peur de la Russie

C’est l’une des façons bien à elle qu’a la Lituanie d’aider l’Ukraine. Comme le dit l’ambassadeur de Lituanie en France : "Nous n’avons pas de jets, de tanks ou de sous-marins, donc nous ne pouvons pas en donner, mais nous aidons d’une autre manière." La Lituanie forme de nombreux soldats ukrainiens sur les matériels de l’OTAN. Elle a déjà débloqué au total 800 millions d'euros d’aide à l’Ukraine, c’est énorme pour un petit pays.

Elle contribue aussi activement à la collecte des preuves de crimes de guerre russes. Au sein de l'Union européenne, elle est sans doute avec la Pologne, l’allié le plus déterminé de l’Ukraine. Elle appuie par exemple la demande ukrainienne de livraison d’avions occidentaux : "les tanks ont besoin d’une couverture aérienne", explique le pays Balte. Parallèlement, la Lituanie, où la peur de la Russie est très présente, est concentrée sur son propre effort de défense. Elle entend multiplier par trois son budget militaire. Le pays a commandé 18 canons Caesar français et muscle sa défense anti-aérienne. La Lituanie ne cache pas sa crainte d’une invasion russe à terme, si Vladimir Poutine devait rester au pouvoir.    

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