Les Jeux paralympiques marqués par la domination symbolique de la Chine et du Royaume-Uni

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Les Jeux Paralympiques s’achèvent dimanche 5 septembre à Tokyo. Ils ont bénéficié d’un écho mondial sans précédent et ils sont en train de devenir un enjeu symbolique et géopolitique, à l’image des Jeux pour les valides.  

Article rédigé par
Jean-Marc Four - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Les Chinoises Yanfei Zhou (à gauche) et Yu Liu après avoir participé à la finale du 50 m dos féminin lors des Jeux paralympiques de Tokyo 2020 au Centre aquatique de Tokyo, le 3 septembre 2021. (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

Ces Jeux paralympiques de Tokyo ont presque suscité plus de fascination encore que les Jeux pour les valides, fortement affectés par l’absence de public. Les performances extraordinaires de ces athlètes, on pense par exemple à ce pongiste égyptien privé de ces deux bras et qui joue avec sa raquette à la bouche, ces performances captivent désormais le grand public.

Et surtout l’événement concerne désormais toute la planète : 4 400 athlètes engagés cette année, venant de 161 pays. On est loin de la première édition en 1960, lors de laquelle seulement 23 pays étaient représentés. Le nombre des sports en compétition a également beaucoup augmenté, avec cette fois-ci l’arrivée du badminton et du taekwondo. Pas moins de 537 médailles d’or auront été distribuées cette année, c’est plus que pour les valides : une conséquence de la multiplication des catégories en fonction du handicap. Et la couverture médiatique mondiale a fortement augmenté, avec une audience en plein rajeunissement. Bref, Tokyo parachève la mondialisation des Jeux paralympiques.  

La Chine loin devant

Conséquence directe, l’enjeu commence donc à dépasser le sport, comme pour les valides. Et le pays qui emporte la mise, et de loin, c’est la Chine. Le tableau des médailles est frappant : la Chine écrase la concurrence. 181 médailles, dont 85 en or, à 48 heures de la fin. C’est deux fois plus que le deuxième, le Royaume-Uni. En athlétisme, en natation, en tennis de table, en escrime, les athlètes chinois sont les grands triomphateurs de ces Jeux. La performance est d’autant plus spectaculaire que la Chine n’a développé sa politique sportive paralympique que récemment, dans les années 1980. Et ce triomphe permet à la presse officielle de Pékin de développer tout un discours sur les vertus du modèle social chinois : son humanité, sa capacité d’inclusion des handicapés, son attention portée à la vie des gens. C’est un atout de "soft power" : voyez notre modèle est meilleur que celui de l’Occident.  

Le tournant des Jeux de Londres en 2012

Deuxième au tableau des médailles, le Royaume-Uni est décidément le grand pays pour le sport en Europe, valides ou non valides : 109 médailles lors de ces Jeux Paralympiques dont 37 en or. Et des résultats impressionnants en natation et surtout en cyclisme, avec LA star Sarah Storey qui vient de décrocher la 17ème médaille d’or de sa carrière après neuf participations consécutives aux Jeux, la première à Barcelone en 1992. Le Royaume-Uni est pour beaucoup dans le décollage économique et médiatique des Jeux Paralympiques. Les Jeux de Londres en 2012 ont été le tournant historique : les Britanniques ont été les premiers à accorder la même importance aux non valides qu’aux valides.

Dans cette symbolique des puissances, on retiendra aussi l’Ukraine, qui cultive de longue date un vrai professionnalisme sur l’accompagnement des sportifs handicapés. L’Ukraine cinquième au tableau des médailles, avec 94 récompenses. Quant à la France, à 48 heures de la fin, elle est douzième, comme à Rio avec 51 médailles dont dix en or.    

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