Les clichés à travers le monde. Les Grecs sont-ils paresseux ?

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En ce mois d’août, franceinfo s’interroge sur les clichés que l’on associe parfois à un pays. Est-ce pertinent ? Ou, au contraire, infondé ? Aujourd’hui, direction la Grèce. Les Grecs sont-ils vraiment paresseux ?

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Radio France
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Le Parthénon, monument grec, à Athènes  (PIERRE BERTHUEL / LE PICTORIUM / MAXPPP)

Pendant les dix ans de crise qui ont ravagé la Grèce, les Grecs ont dû faire face à bon nombre de préjugés : paresseux, tricheurs, voleurs… Des qualificatifs qui font mal. Le président de l'Eurogroupe, le Hollandais Jeroen Dijsselbloem avait même déclaré : "Vous ne pouvez pas dépenser tout l'argent dans l'alcool et les femmes et ensuite demander de l'aide." Il ne s'est jamais excusé. 

Trois ans plus tard, la crise est annoncée comme finie, mais les Grecs n’ont pas oublié. Pour Adonis, très actif dans les manifestations durant ces années de crise, ces préjugés sont dangereux. Nous l'avons rencontré dans le quartier contestataire d'Exarchia à Athènes.

"Si tu reprends les articles de l'époque dans les médias européens, qui décrivaient combien les Grecs étaient flemmards et ne vivaient que des subventions de l'Europe, et que tu remplaces le mot grec par juif, homosexuel ou noir, on tombe clairement sous le coup des lois antiracistes."

Adonis

à franceinfo

Yorgos, un retraité débonnaire, est moins sévère. Il sirote son café dans le quartier populaire de Kypseli. "Laisse-les parler. Je ne les ai jamais pris au sérieux. Pour eux, on est paresseux et roublards ? Eh bien tant pis, qu'ils le croient !" 

Des préjugés tenaces... mais faux

Son petit-fils ne mâche pas ses mots : "Paresseux, c'est une image fausse. En Grèce, on a une fiscalité très lourde, une TVA très haute et on a des salaires bas par rapport au reste de l'Europe. Ce n'est pas évident de joindre les deux bouts et de payer ses impôts et ses taxes !"

Adonis partage son avis. Pour cet activiste, ces préjugés avaient un but bien précis : "Le préjugé le plus courant à cette époque de crise, et qui perdure encore d'une certaine manière, est que les Grecs vivaient à crédit. Ils ne travaillaient pas, ne produisaient pas, prenaient des crédits et il était temps qu'ils payent la note. Or, qui a vécu ne serait-ce que deux ans en Grèce sait que les jeunes n'y arrivaient pas. On avait un taux de chômage très très haut. Et pour les plus âgés, c'était pire."

Ce qui met les Grecs en colère, c'est que ces préjugés sont faux. Selon tous les sondages, les Grecs sont ceux qui travaillent le plus en Europe, pour des salaires parmi les plus bas. Et à salaires et à situation égale, salariés et retraités payent à la source environ 30 % de plus d'impôts que les Français.

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