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Le Malawi devient le premier pays au monde à tester à grande échelle le vaccin contre le paludisme

Ce petit pays du Sud de l'Afrique devient le poste avancé de la lutte mondiale contre la malaria qui fait des centaines de milliers de morts chaque année.

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Le vaccin contre le paludisme sera lancé mardi 23 avril au Malawi. 
Le vaccin contre le paludisme sera lancé mardi 23 avril au Malawi.  (MAURICIO FERRETTI / AFP)

Le Malawi va tester à grande échelle le Mosquirix, le premier vaccin au monde contre le paludisme. Ce petit pays de 18 millions d’habitants, situé au Sud-Est de l’Afrique, au Sud de la Tanzanie, va devenir le premier de la planète à lancer une campagne de vaccination à grande échelle contre ce fléau transmis par les moustiques. Onze quartiers de la capitale Lilongwe sont concernés par cette initiative qui démarre mardi 23 avril. Elle concerne uniquement les enfants de moins de deux ans. Le vaccin sera injecté en quatre doses : à l’âge de cinq mois, de six mois, de sept mois et enfin de 22 mois.

Le Kenya et le Ghana devraient emboîter le pas au Malawi, très prochainement. L'objectif est de vacciner 120 000 enfants d’ici un an et 360 000 d’ici trois ans. Ce vaccin, qui a été mis au point par le géant pharmaceutique américain Glaxo Smith Kline n’est pas parfait : les premiers essais donnent un taux de succès à 39%. Mais c’est un premier pas, et plusieurs autres laboratoires travaillent également sur des projets de vaccins.  

Les enfants premières victimes du paludisme

L’Afrique est de très loin le continent le plus touché par le paludisme : on compte environ 210 millions de cas dans le monde, dont 90% en Afrique. Cette maladie fait 430 000 morts par an, dont les deux tiers sont des enfants de moins de cinq ans. Parfois, chez tous les petits, la mort peut survenir en moins de 24 heures. Le Malawi n’a d’ailleurs pas été choisi au hasard : près d’un habitant sur cinq est touché par la maladie.

Lors des vingt dernières années, le nombre de décès a globalement beaucoup diminué dans le monde, plus de 60% de baisse, grâce notamment à la généralisation de l’usage des moustiquaires et des insecticides. Mais ces deux dernières années, le nombre de victimes est même légèrement reparti à la hausse, parce que les moustiques développent des résistances aux insecticides. Le Malawi, là encore, n’a pas été choisi au hasard : les campagnes de sensibilisation sur le sujet sont anciennes, l’usage des moustiquaires s’est beaucoup développé. Mais cela ne suffit plus. La meilleure piste désormais, c’est donc le recours aux vaccins. L’Organisation mondiale de la santé espère faire baisser la mortalité de 90% dans les dix années à venir, grâce à ces campagnes de vaccination.  

La nouvelle menace de la rougeole

Et cette première médicale est déclenchée au moment où l’Afrique est confrontée à un nouveau fléau en matière de santé : c’est la flambée de la rougeole. On dénombre une hausse de 400% de cas sur le continent africain lors des trois derniers mois, avec 60 000 cas déclarés en un trimestre. La réapparition de la rougeole est un phénomène mondial, mais c’est de loin l’Afrique qui est la plus touchée : en particulier la République Démocratique du Congo, le Nigeria, l’Éthiopie et là encore, le Malawi. Rappelons que la rougeole est extrêmement contagieuse, mais que le vaccin, pour le coup, est très efficace.      

Le vaccin contre le paludisme sera lancé mardi 23 avril au Malawi. 
Le vaccin contre le paludisme sera lancé mardi 23 avril au Malawi.  (MAURICIO FERRETTI / AFP)