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Le lourd bilan du typhon Hagibis au Japon

Les pluies torrentielles et les vents violents n'ont pas seulement provoqué l’annulation de quelques matches de rugby de la Coupe du Monde. Ils laissent surtout derrière leur passage un bilan très élevé.

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Des trains sous l\'eau à Nagano, le 13 octobre. 
Des trains sous l'eau à Nagano, le 13 octobre.  (ATSUSHI TAKETAZU / YOMIURI)

Au moins 70 morts, 15 disparus, plus de 200 blessés. Le décompte est loin d’être achevé après le passage du typhon Hagibis au Japon. Vu d’ici, l’événement a surtout été regardé sous l’angle de ses conséquences sportives, c’est le petit bout de la lorgnette. En fait le Japon vient d’être confronté au typhon le plus puissant depuis 60 ans et la moitié du pays a été touchée, en particulier la région de Fukushima, déjà victime du tsunami et de l’accident nucléaire en 2011, qui déplore 25 victimes.

Les précipitations ont été colossales : jusqu’à 1 000 mm d’eau en 48 heures. Dans certaines zones, ça représente 40% des chutes d’eau annuelles. Et dans certains quartiers, l’eau est montée dans les rues de près d’1m50 en moins d’une heure, en pleine nuit. Aujourd’hui encore, plus de 30 000 foyers restent sans électricité et près de 130 000 sans accès à l’eau courante. 50 rivières sont sorties de leur lit. Et on a dénombré 150 coulées de boue. Certaines images sont saisissantes : par exemple celle de cette dizaine de trains Shinkansen (le TGV japonais), tous en rangs serrés sur une voie de garage, tous dans l’eau.  

Des déchets radioactifs dans la nature

Les opérations de sauvetage sont loin d’être terminées. 110 000 secouristes sont toujours à pied d’œuvre : des pompiers, des militaires, des policiers, des garde-côtes. Les recherches se poursuivent dans plusieurs régions. Et on redoute désormais des glissements de terrain. Sans compter que plusieurs sacs de déchets radioactifs provenant de Fukushima demeurent introuvables, ce qui n'est pas très rassurant.

Plus de 200 écoles restent fermées et le trafic des trains est très perturbé entre Tokyo et Kanazawa. Il faudra au moins deux semaines pour que le trafic revienne à la normale. Les dégâts sont encore impossibles à évaluer mais devraient sans doute se chiffrer en centaines de millions, avec un impact non négligeable sur l’économie japonaise. Le gouvernement de Shinzo Abe envisage d’ailleurs un collectif budgétaire spécifique pour engager les travaux de reconstruction.  

L'impact du réchauffement climatique

Il y a aussi un début de controverse sur la capacité à prévoir ce type de phénomène, parce que 70 morts, c’est un bilan très lourd pour un pays normalement très organisé face à ce genre de phénomène climatique. 

Le typhon Hagibis est une traduction supplémentaire du réchauffement climatique : par sa force, et surtout par sa localisation. Jusqu’à présent, les typhons passaient plus au Sud de l’archipel. Mais ils tendent désormais à se former plus au Nord, sans doute en raison du réchauffement des eaux. C'est désormais le centre du Japon qui est frappé, or il est moins préparé que le Sud du pays à faire face aux typhons. Le phénomène devrait s’accentuer dans les années qui viennent, comme un peu partout dans le monde : des événements climatiques extrêmes et touchant des régions autrefois épargnées.  

Des trains sous l\'eau à Nagano, le 13 octobre. 
Des trains sous l'eau à Nagano, le 13 octobre.  (ATSUSHI TAKETAZU / YOMIURI)