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La Corée du Sud totalement à l'arrêt pour l'examen national d'entrée à l'université

C'était jeudi 14 novembre une journée particulière dans ce pays d'Asie : toute la Corée s’arrête pour l’organisation de l’examen national annuel d’entrée à l’université.

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Une étudiante sud-coréenne.
Une étudiante sud-coréenne. (YELIM LEE / AFP)

Ça s’appelle le Suneung. Tout le monde connaît en Corée. C’est un test d’aptitude scolaire. Ce n’est pas tout à fait l’équivalent du Bac, pas une validation des études secondaires. C’est plutôt une épreuve de sélection pour entrer dans les meilleures facultés. Et le jour du Suneung, ce pays de 52 millions d’habitants ne pense qu’à ça : tout est organisé, dans des proportions que vous n’imaginez pas. Ça veut dire quoi ? Que le pays s’arrête. Tout est fait pour faciliter l’examen : 548 734 candidats cette année. Comme l’épreuve démarre un peu avant 9h, les entreprises, les administrations et même la Bourse modifient leurs horaires d’ouverture : décalés à 10h. Des policiers sont mobilisés à moto pour faciliter le déplacement des candidats vers leur lieu d’examen, 1 200 centres d’examen au total. Pendant l’épreuve orale d’anglais, les avions ne sont plus autorisés à se poser : il ne faut pas faire de bruit. Concrètement, 158 vols ont été reportés ce 14 novembre ! Et les avions qui passent au-dessus de la Corée ne doivent pas descendre en dessous de 3 000 mètres. On pourrait multiplier les exemples : c’est la mobilisation générale, un événement national.  

Stress, suicides et prières

Il y a donc aussi une énorme pression sur les candidats, comme le traduit cette formule en coréen : "Le Suneung, c’est le moment où tu construis ou bien tu brises ton avenir". Rien que ça ! Les candidats s’y préparent psychologiquement depuis l’école primaire. Souvent les parents paient des cours particuliers à un tarif faramineux. Le stress est gigantesque. Il y a souvent des cas de suicide dans les semaines qui précèdent. L’épreuve ne dure qu’une journée, avec cinq matières obligatoires : le coréen, l’anglais, l’histoire de la Corée, les mathématiques, et une 2e langue étrangère. Ça se présente le plus souvent sous la forme de QCM, des questionnaires à choix multiple. Interdiction d’entrée avec des téléphones, des ordinateurs, des livres, et même de la nourriture, il ne faut pas déranger son voisin. Donc rien à manger jusqu’à 18h ! Et il y a des détecteurs de métaux à l’entrée des centres d’examen. Pendant les épreuves, les parents vont généralement prier pour leurs enfants, dans les églises ou les temples bouddhistes, où des écrans géants affichent les noms des candidats. Bref un truc de fou !  

Un niveau élevé

Tout ça est globalement accepté par tout le monde, ça n’est pas vraiment remis en cause. Cette pression sociale fait partie du paysage. D’abord, parce que 70% des candidats obtiennent leur sésame pour l’université. Même s’ils sont seulement 2% à décrocher le Graal, c’est-à-dire une place dans l’une des trois plus célèbres universités coréennes : Yonsei, Seoul National, et Université de Corée. Et puis le niveau du test, qui est élevé, permet à la Corée du Sud de bien se placer dans les évaluations internationales. C’est donc aussi une façon pour le pays d’asseoir sa position de 11ème économie mondiale. Pour information, les résultats cette année, ce sera le mercredi 4 décembre, dans trois semaines.

Une étudiante sud-coréenne.
Une étudiante sud-coréenne. (YELIM LEE / AFP)