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Gibraltar vote sur fond de Brexit

Alors qu'un accord semble presque bouclé sur le Brexit, les électeurs de Gibraltar votent ce jeudi 17 octobre. Et le seul sujet, c’est le Brexit !  

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Dans une rue de Gibraltar.
Dans une rue de Gibraltar. (ALVARO FUENTE / NURPHOTO)

Voilà un endroit directement concerné par la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Gibraltar, cette petite enclave britannique de 7 km², à l’extrême sud de l’Espagne, face au Maroc. 35.000 habitants, tous obnubilés par le Brexit. Il y a trois ans, ils avaient voté à 96% contre la sortie de l’Europe. Gibraltar bénéficie en effet d’un statut fiscal et douanier très privilégié : même si le territoire n’appartient pas à la zone Schengen ou à l’Union douanière, les mouvements de personnes et de capitaux sont libres avec l’Espagne, avec deux particularités. La première, c’est le nombre de frontaliers, plus de 10.000 qui vivent côté espagnol, mais travaillent côté britannique. Ils sont indispensables à l’économie de Gibraltar. Donc le Brexit les inquiète. Si des contrôles douaniers s’installent, ça va tout changer. La deuxième particularité, c’est la fiscalité très faible : pas de TVA. Cela explique pourquoi 18.000 entreprises sont implantées à Gibraltar. Une pour deux habitants, c'est énorme. De nombreuses sociétés pourraient choisir de s’en aller. C’est particulièrement le cas d’un secteur lucratif : les entreprises de jeux en ligne. Elles représentent un quart du PIB de Gibraltar.  

A 96% contre le Brexit

Et c’est précisément pour ça que des élections sont organisées : ce sont des élections anticipées, convoquées par la coalition au pouvoir, délibérément à cette date, donc deux semaines avant le deadline Brexit du 31 octobre. Et cette coalition, qui regroupe les socialistes et les libéraux, devrait tirer profit de la situation. Le patron de l’exécutif, le socialiste Fabian Picardo a fait campagne sur un thème très simple : ce n’est pas le moment de changer, il faut de la stabilité avec un mandat fort pour défendre nos intérêts vis-à-vis de Londres comme de Madrid. En temps normal, la campagne se serait concentrée sur des sujets locaux : l’environnement, le tourisme, l’éducation, etc. Cette fois-ci, il n’a évidemment été question que du Brexit. Et malgré l’apparition d’un nouveau parti qui a le vent en poupe, Together Gibraltar, la coalition au pouvoir part grande favorite. Donnée entre 55 et 65% dans les sondages. Les résultats sont attendus dans la matinée de vendredi. Et la nouvelle Assemblée sera élue pour quatre ans.

Le réveil des nationalistes espagnols

En plus il y a une autre incertitude qui pèse sur l'avenir de Gibraltar : c'est l'attitude de l'Espagne. Elle s’apprête elle aussi à voter. Ce sera le 10 novembre. Le socialiste Pedro Sanchez n’est pas parvenu à former un gouvernement de coalition à Madrid, donc retour aux urnes. Et Gibraltar redoute une victoire de la droite et de l’extrême droite. Les nationalistes espagnols aimeraient bien profiter du Brexit pour ressortir une vieille revendication : rétablir une souveraineté espagnole sur le petit territoire. Donc pour Gibraltar, le Brexit est un énorme enjeu.

Dans une rue de Gibraltar.
Dans une rue de Gibraltar. (ALVARO FUENTE / NURPHOTO)