En Finlande, Helsinki veut adopter l'anglais comme langue officielle

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Dans ce pays du nord de l’Europe, la capitale, Helsinki, envisage cette mesure, sans précédent dans un pays de l’Union européenne, pour pouvoir recruter des étrangers.

Article rédigé par
Jean-Marc Four - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Pour attirer les étrangers, Helsinki, capitale de la Finlande, propose que l'anglais devienne l'une des langues officielles de la ville.  (HEIKKI SAUKKOMAA / LEHTIKUVA)

Le maire de la ville, Juhana Vartiainen a mis les pieds dans le plat il y a quelques jours. Et le sujet commence à faire controverse en Finlande. Le maire propose en fait que l’anglais devienne l’une des langues de la ville : au même titre que le finnois, la langue officielle de la Finlande, et que le suédois, la langue du voisin, qui est déjà reconnue en Finlande.

Cela veut dire que dans toute la capitale Helsinki, soit un million et demi d’habitants, le quart de la population finlandaise, la maîtrise de l’anglais pourrait suffire, par exemple, pour décrocher certains emplois publics. Cela veut dire aussi que l’anglais serait systématiquement employé dans certaines crèches ou certaines écoles. Pour les Finlandais, ce n’est pas nécessairement une révolution, puisque 86% d’entre eux parlent anglais. En revanche, cette disposition peut permettre de recruter des étrangers anglophones.  

Le défi d'apprendre le finnois

Le maire Juhana Vartiainen, est l’ancien directeur d’un institut de recherche économique. Il connaît donc bien le sujet : la Finlande, et en particulier son secteur des télécoms et des start-ups, très dynamique, est confronté à un vrai problème de recrutement. Il manque d’experts, de spécialistes de l’intelligence artificielle par exemple. Ce n’est pas un problème de financement mais un problème de manque de personnel qualifié.

Les étrangers n’ont pas envie de rester en FinlandeÀ l’inverse, des jeunes Finlandais quittent le pays pour aller chercher du travail ailleurs en Europe, notamment à Londres ou à Berlin. De plus, la population vieillit. L’an dernier, la mairie a donc lancé un appel à candidatures, baptisé Helsinki Business Hub. Le principe était simple : venez vous installer chez nous pendant trois mois, et vous verrez, vous aurez envie de rester. Beaucoup de Canadiens, d’Américains, de Britanniques, de Taiwanais se sont portés candidats. Mais très peu sont restés au bout du compte.

Certains départs ont fait beaucoup parler en Finlande, par exemple celui d’une physicienne mexicaine Deborah Berebichez. Pour justifier leurs départs, ces étrangers expliquent que la bureaucratie est trop lourde, que la fiscalité est trop élevée, et surtout qu’apprendre le finnois relève de la mission impossible. C’est une langue réputée difficile, avec beaucoup de déclinaisons grammaticales, dont la maîtrise est exigée par de nombreuses entreprises finlandaises. D’où l’idée du maire d’Helsinki : passons à l’anglais !  

L'inquiétude des voisins suédois

Mais cela n’est pas du goût de tout le monde et ces derniers jours, la controverse prend de l’ampleur et pas nécessairement du côté des Finlandais. Elle vient surtout des Suédois qui vivent en Finlande : ils redoutent, par effet en chaîne, que le suédois soit la victime collatérale de cette réforme, et cesse d’être une langue officielle au profit de l’anglais. La proposition du maire d’Helsinki va maintenant remonter au niveau national. Le gouvernement finlandais est pour l’instant resté prudent sur le sujet.  

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