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En Australie, les incendies, hors de contrôle, continuent de ravager le pays

Les flammes continuent de se propager dans plus de 50 localités du pays. Et la situation ne cesse de se dégrader. La faune est touchée, en particulier les koalas.

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Un incendie ravage la forêt de Bobin, en Nouvelle-Galles du Sud (Australie), le 9 novembre 2019.
Un incendie ravage la forêt de Bobin, en Nouvelle-Galles du Sud (Australie), le 9 novembre 2019. (PETER PARKS / AFP)

Les chiffres donnent le vertige. Dans la seule province de Nouvelle-Galles du Sud, un État du sud-est de l'Australie, entre 800 000 et 1 million d’hectares ont été détruits par les flammes depuis un mois et le début de la saison des incendies, qui coïncident avec le début de l'été. C’est quasiment l’équivalent de la superficie de l’ensemble de la région parisienne. Plus de 11% du total de la surface forestière de la province a été détruite, ainsi que 20% de la région magnifique des Blue Mountains, à l’ouest de Sydney. C’est d’ores et déjà le bilan le plus lourd depuis 18 ans.

Et ce n’est que le début de l’été. Ce 3 décembre, encore plus de 110 incendies sont en cours. Près de la moitié sont hors de contrôle. Les pompiers sont débordés : 1 750 hommes sont mobilisés, avec 90 avions. Les riverains de nombreuses communes essaient d’arroser en permanence les murs extérieurs de leur maison pour éviter la propagation du feu, mais cela ne suffit pas. Dans les régions de Wollemi, Yegon, Katoomba, les flammes avancent sur plusieurs kilomètres, attisées par le vent qui souffle à 100 km/h. Pour ne rien arranger, certaines zones, comme la Jamison Valley, sont très difficile d’accès.

350 koalas morts dans les incendies

Les dégâts sont très difficiles à évaluer précisément parce que les incendies continuent. Il est donc compliqué de faire le bilan. Des milliers de personnes ont dû fuir leur habitation. La faune est particulièrement menacée : plus de 350 koalas sont morts, mais ce n’est qu’une évaluation. C’est énorme puisque l’Australie ne compte plus que 80 000 koalas (ils étaient dix millions il y a un siècle).

Les dégâts pour la flore sont également majeurs. Dans la partie sud de la région, les incendies sont fréquents, les eucalyptus secs y repoussent relativement vite. En revanche, dans la partie nord de la Nouvelle-Galles du Sud, c’est une catastrophe : pour la première fois, la forêt humide du Gondwana, classée au Patrimoine de l’Humanité, est touchée. C’est une forêt subtropicale normalement à l’abri des incendies en raison de son taux d’humidité permanent, mais pas cette fois. Elle est également la proie des flammes. Quant à la grande ville de Sydney, elle est plongée dans une brume persistante : les départs de feu sont tellement nombreux autour de la ville, au nord, au sud, à l’ouest, que la fumée est plaquée au sol dans les rues et dans la baie.

Les conservateurs au pouvoir nient le réchauffement climatique

Il y a aussi une vraie controverse politique sur les causes de ces incendies sans précédent. Les scientifiques australiens sont unanimes à y voir un lien avec le réchauffement climatique : selon eux, cette multiplication des incendies de grande ampleur va devenir la norme. À l’inverse, les conservateurs au pouvoir en Australie y voient uniquement la conséquence d’un phénomène météo ponctuel, une saison particulièrement sèche. Notre sujet, disent-ils, c’est uniquement l’organisation des secours.

Un incendie ravage la forêt de Bobin, en Nouvelle-Galles du Sud (Australie), le 9 novembre 2019.
Un incendie ravage la forêt de Bobin, en Nouvelle-Galles du Sud (Australie), le 9 novembre 2019. (PETER PARKS / AFP)