En Afrique, l’Angola et le Kenya investissent leurs présidents dans le calme, malgré la contestation des résultats

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C’est une image qui n’est pas si courante en Afrique : deux pays du continent, l’Angola au Sud, et le Kenya à l’Est viennent d’investir dans le calme leur président respectif. À l’issue d’élections serrées et contestées, mais finalement validées.

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Radio France
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Joao Lourenço, président angolais, prononce un discours lors d'un rassemblement électoral à Luanda le 20 août 2022. (JULIO PACHECO NTELA / AFP)

En Angola, l’investiture s’est déroulée jeudi 15 septembre dans l'après-midi. Dans ce pays de 33 millions d’habitants grand comme deux fois la France. Le président Joao Lourenço a été réélu pour un 2e mandat : il perpétue ainsi la domination de son parti, le MPLA au pouvoir dans le pays depuis l’indépendance en 1975, il y a donc 47 ans. Si on ajoute des libertés restreintes, des interrogations sur la validité des listes électorales et la présence de chars dans les rues aujourd’hui dans la capitale pour dissuader les manifestants de l’opposition, on se dit que tout ça n’est pas très démocratique. Mais il y a d’autres indicateurs plus encourageants. D’abord, le pouvoir reconnait le caractère très serré de cette victoire : 51,17% des suffrages. L’alternance devient donc un concept envisageable.

Jamais scrutin n’a été aussi contesté en Angola. La justice a d’ailleurs été saisie par l’opposition, qui dénonçait des irrégularités. La Cour Constitutionnelle a validé le résultat. Et l’opposition, l’Unita, très populaire dans la jeunesse, a accepté cette décision. En promettant de mener une contestation pacifique. Et puis le président Lourenço tranche avec son prédécesseur, Eduardo dos Santos qui avait tenu le pays pendant près de quatre décennies, au profit essentiellement de ses proches et de sa famille. Lourenço, lors de son premier mandat, s’est beaucoup investi dans la lutte contre la corruption en assainissant les finances publiques. Il ne manque plus qu’une véritable alternance.  

Doutes en Angola, alternance au Kenya

Au Kenya, l'investiture du nouveau président s'est également déroulée cette semaine, mardi 13 septembre, et il y a des points communs, avec un plus : justement une alternance, dans ce pays de 54 millions d’habitants, de la taille de la France. C’est une locomotive économique en l’Afrique de l’Est. William Ruto a été déclaré vainqueur avec 50,5% des voix. Et il met donc fin à la dynastie des deux familles Kenyatta et Odinga qui dominaient la vie politique du pays depuis 60 ans. Là encore, résultat très serré. Là encore, saisine de la justice par l’opposition. Là encore, validation des résultats par la Cour Suprême. Et là encore, le perdant, Raila Odinga, a accepté la défaite et même serré la main du vainqueur en début de semaine. Ça ne veut pas dire que tout fonctionne à merveille : Ruto, qui s’autoproclame "porte-parole des débrouillards", est un personnage controversé, soupçonné de corruption, entouré d’un parfum de scandale. Et il hérite d’un pays divisé avec une économie vacillante. Mais le processus électoral est allé à son terme au Kenya et s’est déroulé dans le calme.

Un fort contraste avec l'Afrique de l'Ouest

C’est une bonne nouvelle pour la démocratie en Afrique et tout ça tranche avec la situation dans d’autres pays du continent, en particulier à l’Ouest; à l’exception du Sénégal, le recul démocratique est manifeste en Afrique de l’Ouest. On songe bien sûr au chaos qui règne au Burkina Faso ou au Mali, pris entre junte militaire et groupes islamistes. Ou bien aux très nombreux régimes autoritaires ou dynastiques dans la région : au Tchad, en Guinée, au Togo, au Cameroun, etc.    

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