Aux îles Salomon, une semaine marquée par de violentes émeutes

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Cette semaine, un archipel du Pacifique a été en proie à de violentes émeutes : les îles Salomon. L’Australie a envoyé une centaine d’hommes sur place pour rétablir l’ordre.

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Radio France
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Un homme examine les dégâts à Honiara, alors qu'un calme tendu est revenu après des jours d'émeutes intenses,  le 27 novembre 2021. (CHARLEY PIRINGI / AFP)

Honiara, la capitale des îles Salomon est une ville dont les médias du monde entier parlent habituellement très peu. L'archipel se trouve dans le sud du Pacifique, à l’est de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, au nord de l’Australie ou de la Nouvelle-Calédonie. Les  îles Salomon c’est un archipel de 700.000 habitants, et à Honiara, sur l’île de Guadalcanal, des émeutes ont éclaté mercredi 25 novembre faisant au moins trois morts, tout en réduisant des pans entiers de la ville en fumée. C’est là que se trouve le gouvernement. Des milliers de manifestants se sont révoltés pour réclamer la démission du Premier ministre. Ils ont tenté d’atteindre sa résidence et de prendre d’assaut le Parlement.

Des images spectculaires 

On a vu des bâtiments en feu, des magasins pillés, des centaines de vitres brisées, des émeutiers armés de haches et de couteaux. L’Australie a donc été appelée en renfort, en vertu d’un accord de sécurité entre les deux pays. Elle a envoyé sur place plus d’une centaine de policiers et de militaires, arrivés la nuit dernière pour aider les forces locales à rétablir l’ordre. Selon les médias locaux, samedi un calme précaire régnait à Honiara.

Le quartier chinois pris pour cible 

Les causes sont multiples, mais la raison principale, c’est le ressentiment vis-à-vis de la Chine. Les Salomon ont longtemps été l’un des rares pays au monde à reconnaître Taïwan, ce qui est inadmissible pour Pékin. Mais en 2019, l’actuel Premier ministre, Manasseh Sogavare, a tourné le dos à cette alliance et a décidé de reconnaître diplomatiquement la Chine. Malaita, l’île la plus peuplée au nord, s’oppose à cette décision. La province a d’ailleurs maintenu le lien avec Taïwan. Et ses dirigeants envisagent un référendum d’indépendance. Des dizaines de milliers de personnes originaires de Malaita à Guadalcanal, où se trouve la capitale Honiara et le gouvernement central. Voilà des décennies qu’ils se sentent marginalisés. Des conflits ethniques ont déjà eu lieu dans les années 2000. Et l’Australie est déjà intervenue en 2003. Les émeutiers, pour beaucoup originaires de Malaita, ont ainsi pris pour cible cette semaine le quartier chinois. La colère est aussi alimentée par la pauvreté, le manque d’aides économiques, la corruption des élites. L’ironie de l’histoire c’est que l’Australie est donc venue au secours d’un gouvernement pro-chinois, alors que les relations sont exécrables entre Canberra et Pékin. Mais le Premier ministre australien Scott Morrison assure ne pas faire de politique et vouloir simplement résoudre les problèmes, "de manière calme et pacifique".  

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