Un festival de palmes, France info

Cannes, un festival de palmes. En 1981, Andrzej Wajda livre un film "coup de poing, écrit sur le vif, quasiment du ciné actualité"

Pour célébrer les 70 ans du festival de Cannes, Thierry Frémaux, le délégué général du festival, raconte sur franceinfo ces événements qui ont marqué la Croisette. Ce samedi, l'histoire s'écrit sur pellicule : "Chronique des années de braise" de Lakhdar-Hamina et "L'Homme de fer" de Wajda.

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Le Polonais Andrzej Wajda (droite) reçoit sa palme d\'or, des mains de l\'acteur écossais Sean Connery(gauche), pour \"L\'Homme de fer\", à Cannes en 1981.
Le Polonais Andrzej Wajda (droite) reçoit sa palme d'or, des mains de l'acteur écossais Sean Connery(gauche), pour "L'Homme de fer", à Cannes en 1981. (RALPH GATTI / AFP)

Quand l'histoire s'écrit sur pellicule, Cannes est au rendez-vous. En 1975, Chronique des années de braise, de l'Algérien Mohammed Lakhdar-Hamina, décroche la palme d'or. L'histoire de la colonisation racontée côté algérien "est une première", explique Thierry Frémaux au micro franceinfo de Thierry Fiorile. "Film qui a suscité de gros remous en raison de son sujet, en raison d'une vision nationale, algérienne, de cette guerre, raconte le délégué général du festival de Cannes, rappelant les "menaces d'anciens de l'OAS au moment de la projection" mais aussi, 35 ans plus tard, quand Rachid Bouchareb vient présenter Hors-la-loi.

Le réalisateur algérien Mohamed Lakhdar Hamina, avec l\'actrice américaine Ann Margret, après avoir reçu la palme d\'or pour \"Chronique des années de braise\", le 24 mai 1975 à Cannes.
Le réalisateur algérien Mohamed Lakhdar Hamina, avec l'actrice américaine Ann Margret, après avoir reçu la palme d'or pour "Chronique des années de braise", le 24 mai 1975 à Cannes. (AFP)

En 1981, le cinéaste polonais Andrzej Wajda reçoit la palme d'or pour L'Homme de fer, inspiré de la création du syndicat Solidarność. "Là, on est quasiment dans du ciné actualité, dans un film coup de poing, un film pris sur le vif, analyse Thierry Frémaux. Wajda prend sa caméra quasiment sur l'épaule, se rend à Gdańsk et fait un film. On y voit l'espoir, l'illusion aussi et déjà un peu la mélancolie du rêve du syndicat Solidarité." Pour le délégué général du festival de Cannes, Andrzej Wajda, "comme tous les grands cinéastes, Fellini, Bergman, Kurosawa, Almodóvar, incarne l'histoire de son pays".

Quant à la rumeur selon laquelle cette palme d'or a été offerte à la demande de François Mitterrand, juste élu, Thierry Frémaux la balaie d'un revers de la main. "François Mitterrand avait autre chose à faire que d'appeler le président du jury", assure-t-il.

Le réalisateur polonais Andrzej Wajda et le président François Mitterrand à Paris en janvier 1983.
Le réalisateur polonais Andrzej Wajda et le président François Mitterrand à Paris en janvier 1983. (WOJTEK LASKI / HULTON ARCHIVE)

De La Grande bouffe à Ken Loach, en passant par les grands moments du cinéma italien, les films audacieux et les années à scandale, chaque jour, en attendant la cérémonie d'ouverture du 70e festival de Cannes, franceinfo raconte ces palmes qui ont marqué l'histoire du festival avec son délégué général, Thierry Frémaux, et Thierry Fiorile, spécialiste du cinéma à franceinfo. Chacun des 35 épisodes s'articule autour d’une thématique.

Le Polonais Andrzej Wajda (droite) reçoit sa palme d\'or, des mains de l\'acteur écossais Sean Connery(gauche), pour \"L\'Homme de fer\", à Cannes en 1981.
Le Polonais Andrzej Wajda (droite) reçoit sa palme d'or, des mains de l'acteur écossais Sean Connery(gauche), pour "L'Homme de fer", à Cannes en 1981. (RALPH GATTI / AFP)