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La France, un des leaders mondiaux du marché de l'armement

On a annoncé cette semaine la vente de 12 sous-marins à l’Australie, un contrat de 34 milliards qui réjouit l’industrie navale française et qui place la France dans les trois principaux fournisseurs d’armes, loin derrière les États-Unis, mais avec un budget de 16 milliards d’euros sur l'année : un record.

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(© marine nationale)

La DCNS (direction des constructions navales, de système et de service), le constructeur français, avait déjà une longueur d’avance avec la très haute technologie du sous-marin nucléaire - le Barracuda - le dernier né qui sera livré l’an prochain à la marine française. C’est sur cette compétence que la France a été choisie.

 

Le vice-amiral, Patrice  Du Puy-Montbrun, qui a cumulé plus de 25 000 heures passées sous l’eau, précise néanmoins que les sous-marins n’ont pas encore été vendus. La France a certes été choisie, mais il faut définir qui fait quoi et comment.

 

 

TRANSPORTEZ-MOI 30.04.2016 Ecouter l'Interview complète de Patrice du Puy Montbrun
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Mais la furtivité, atout principal des sous-marins pourrait être battue en brèche car il y a quelques semaines la DARPA (Agence pour les projets de recherche avancée de défense), aux États-Unis, a dévoilé son nouveau bateau télécommandé sans équipage, de 40 mètres de long, capable de rester des mois sur une zone, à localiser d’éventuels sous-marins.

Même sous l’eau on n‘est plus complètement à l’abri !!

Cela correspond à peu près au cycle de vie d’un bateau militaire, mais des améliorations et options à bord seront ajoutées, comme des drones de repérage, des sous-marins de poche, des mines, missiles, et armements divers. On parle également de torpilles à super-cavitation qui filent sous l’eau à plus de 400 kilomètres/ heure, mais c’est secret défense ! Bref un vrai coffre à jouets pour amiraux, australiens entre autres.

Mais concernant l’aérien le vrai marché se trouve plutôt dans les drones. Ils sont rapidement opérationnels, beaucoup moins chers que les avions de chasse et donc accessibles aux pays émergents, voire aux mouvements armés. La Chine est devenue, semble-t-il, la première exportatrice, notamment des drones armés, capables d’atteindre des cibles à 4 ou 5000 kilomètres et qui sont environ 5 fois moins chers que les équivalents américains.

 

Reste les moyens  terrestres, et notamment les chars et les 4x4 armés sur lesquels on voit entre autres parader Daech au proche-orient. Ces tanks flambants neufs et des milliers de  4x4 américains ou japonais récupérés dans les stocks que nous avions vendus aux Irakiens et Syriens. Mais l’avenir ce sera peut-être des tanks, pilotés à distance, avec peu de blindage car pas d’équipage à protéger, donc légers et rapides. Ces drones-tank d’après l’armée américaine pourraient bientôt peupler les champs de bataille.

 

C’est presque Star Wars, mais la réalité c’est qu’il y a de plus en plus de victimes civiles. Les pays exportateurs, dont la France, ont une part de responsabilité. Car même si nous n’appuyons pas sur la gâchette, nous facilitons les dommages collatéraux. 

Pour Valery Rousset, spécialiste en stratégie militaire et technologie, les armements sont gérés en réseau, car c'est le renseignement qui prime. Le véhicule porteur est secondaire, il s'inscrit dans un système. Faute de quoi, on tire à l'aveuglette et les dommages collatéraux sont considérables. D'après lui, ce ne sont pas les armes en elles-mêmes qui sont responsables des guerres mais l'usage qu'on en fait. Par exemple face à Daech qui se fond avec ses véhicules 4x4 au milieu des populations, il faut analyser les images aériennes pour être sûr d'atteindre l'adversaire, et seulement l'adversaire.

TRANSPORTEZ-MOI 30.04.2016 Ecouter l'Interview complète de Valéry Rousset
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Le marché de l’armement officiel est de 1700 milliards d’euros par an auxquels il faut ajouter les trafics opaques

 

Un ami militaire me demandait dernièrement :"t’as pas deux balles ?" Il parlait de munitions car il se fabrique chaque année plus de 14 milliards de cartouches militaires, soit 2 balles par habitant sur la terre.

 

Nous sommes dans une poudrière mondiale, car nous vendons du transfert de technologie, et des usines de fabrication qui vont inonder le marché sans contrôle ou presque, ajoute Patrick Bouveret, qui réfute l’argument "si ce n’est pas nous ce sont les autres qui le feront ". Il faudrait un accord politique international, impossible à obtenir pour l’instant.

 

Il ajoute : "Comment ne pas se poser la question de l’utilisation de nos armes déployées par l’Arabie Saoudite sur le Yémen où le nombre de victimes civiles atteint là aussi des records ?  Un débat qui a eu lieu au Canada, pas en France... "

TRANSPORTEZ-MOI 30.04.2016 Ecouter l'Interview complète de Patrice Bouveret
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Le pigeon voyageur, l'ancêtre du renseignement

Le renseignement est le nerf de la guerre, et mon coup de cœur de cette semaine est pour l’ancêtre du renseignement, le pigeon voyageur !

Il y a 100 ans, pendant la Première guerre mondiale les pigeons ont joué un rôle essentiel comme messagers. Mon coup de cœur est donc pour le dernier colombier militaire en activité situé au Mont Valérien près de Paris, il y a un petit musée des transmissions et de la colombophilie miliaire. C’est à voir.

(© marine nationale)