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Une ''rapporteuse'' pour la Commission des Finances de l'Assemblée nationale

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Au moment où Manuel Valls serre la vis des comptes sociaux, la très stratégique Commission des Finances de l'Assemblée nationale s'apprête à changer de rapporteur général. Pour la première fois, une femme va accéder à ce poste. Valérie Rabault prendra ses fonctions officiellement la semaine prochaine.
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Radio France
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S'appeler Valérie Rabault et prendre ce poste
stratégique en pleine période d'économies publiques, cela ne s'invente pas !
Sérieusement,  mardi, en réunion de
groupe socialiste à l'Assemblée, ce fut un véritable plébiscite pour la députée
du Tarn-et-Garonne, la quarantaine toujours souriante mais et au caractère bien
trempé, dit-on. Cela lui sera très utile pour affronter le chevronné Gilles
Carrez, Président UMP de la dite Commission.

Qui est Valérie Rabault ?

Militante socialiste depuis 2010, elle représente la
jeune génération des députés PS qui osent se démarquer de temps en temps de la
voix leur parti sans jamais franchir la ligne jaune. Ingénieure, diplômée des
Ponts et Chaussées, elle fut conductrice de travaux dans le BTP avant de
changer radicalement de secteur et devenir spécialiste des risques bancaires
chez Bnp-Paribas.

Un temps pressentie pour occuper le poste de Secrétaire
d'Etat au Budget dans le précédent gouvernement, la tombeuse de la maire UMP de
Montauban, Brigitte Barège, aux législatives de 2012, ne se laisse pas
impressionner, au dire de ses collègues qui louent volontiers son imagination
sur le nouveau modèle économique. Faut-il en déduire un penchant pour le social
libéralisme ? Bref, le profil idéal pour mener les combats qui
s'annoncent.

Quel est le rôle de la Commission des Finances de
l'Assemblée nationale ?

C'est la courroie de transmission entre les élus et le
gouvernement pour toutes les questions économiques. C'est un poste crucial pour
les textes budgétaires. Le rapporteur analyse, donne son avis et propose des amendements aux projets de
loi. Le rapporteur a aussi un pouvoir d'enquête et de contrôle de
l'administration. Toutes ces fonctions prennent un caractère particulier en
cette période de maîtrise des dépenses publiques.

Quelle sera sa marge de manœuvre ?

De son propre aveu, les semaines qui arrivent vont être ''exigeantes'',
avec le programme de stabilité européen fin avril et l'étape cruciale du Pacte
de responsabilité en juin. Il lui faudra alors se prononcer sur l'équilibre
entre le niveau des dépenses publiques et le soutien à la croissance.

En matière d'économies, le Président UMP de la
Commission, Gilles Carrez, sera un excellent conseiller. On verra d'ailleurs
jusqu'où chacun parviendra à pousser ou retenir le curseur.

Les combats menés par Valérie Rabault sont plutôt dans
l'air du temps. A l'automne dernier, elle bataillait contre l'optimisation
fiscale des grandes entreprises tout en se prononçant contre l'augmentation des
prélèvements fiscaux sur certains produits d'épargne. Elle plaide plutôt la
cause des PME avec une réallocation de la fiscalité en en leur faveur. Elle est,
comme on dit, dans la ligne.

Reste à savoir si Madame Rabault envisage d'alimenter
régulièrement un blog comme le faisait son prédécesseur Christian Eckert, dont
la parole est désormais moins libre en tant que Secrétaire d'Etat. A défaut, on
ouvrira le livre qu'elle a co-écrit avec sa collègue députée-économiste Karine
Berger : Les 30 Glorieuses sont devant nous (Rue Fromentin éditions). Tout un programme.

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