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Un nouveau patron pour Arianespace

ARIANESPACE a un nouveau Président. Stephane Israël a été nommé hier pour succéder à Jean-Yves LEGAL parti présider le CNES (le Centre National des Etudes Spatiales). C'est un jeune patron qui arrive à la tête de l'entreprise française, leader mondial dans le lancement des satellites. Il a du pain sur la planche.

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C'est peu dire. D'abord un mot de Stephane Israël qui, jusqu'à hier, dirigeait le cabinet du ministre du redressement productif Arnaud Montebourg... ce qui fait jaser dans le monde du spatial où l'on considère cette nomination comme très politique. Mais c'est oublier l'expérience de Stephane Israël, né en 1971, et qui a gagné ses galons dans le secteur qu'il rejoint aujourd'hui. Pur produit des grandes écoles de la République, c'est un fin connaisseur des questions aéronautiques et spatiales pour avoir trainé ses guêtres notamment chez EADS, recruté en 2007 par le Président de l'époque Louis Gallois... précédemment, il s'était spécialisé dans le contrôle des programmes de la défense nationale à la Cour des comptes, sans parler de son passage chez ASTRIUM, leader européen des services satellitaires, pour y faire de l'audit de projets et de programmes.

Quels seront ses grands chantiers ?

Stephane Israel est particulièrement attendu sur la gestion des coûts et sur l'avenir du projet Ariane VI. Ca sera autant un exercice de gestion économique que de diplomatie européenne. Dans un récent rapport, la Cour des comptes a montré que la France supportait financièrement une part énorme du gâteau spatial européen : 80% du coût du centre  de lancement de Kourou en Guyane... près de 60% de celui de la fusée Ariane 5, trop chère à exploiter pour se passer de subventions. Quant à ARIANE VI qui doit prendre le relais d'ici 2021 et dont le sort dépend d'une importante réunion des 27 pays européens l'année prochaine, Paris est aujourd'hui pratiquement le seul bailleur de fonds du projet.


Pourtant Arianespace, c'est aussi la dimension européenne*

Une Europe peu motivée sur le sujet. A part la France, l'Allemagne (qui prend de plus en plus d'importance dans le spatial), la Suède ou la Norvège notamment, la solidarité joue de moins entre les 27. Les pays n'ayant aucun intérêt capitalistique ni industrie dans ce secteur ne veulent pas payer pour les autres. Enfin, on s'aperçoit que l'Europe spatiale s'est surtout construite sur de grandes idées scientifiques, des projets pharaoniques bien souvent au détriment de l'aspect économique. Marcher ou rouler sur mars, ça fait rêver, mais le spatial, c'est aussi et surtout un levier de compétitivité : en matière de télécommunication, d'information météorologique, de données agricoles, de définition de zones énergétiques (pétrolifères, entre autres) et surtout pour la souveraineté en matière de défense, pour ne pas dépendre d'autres nations, dont les Etats-Unis, qui prennent de plus en plus d'importance sur le marché. Stephane Israël arrive dans ce contexte. La situation tendue sur le plan budgétaire partout en Europe fera de lui probablement plus un patron "industriel" que scientifique.

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