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Reprise de la branche énergie d'Alstom : le coup de théâtre

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Le dossier de reprise partielle du groupe Alstom rebondit. L’allemand Siemens relance la bataille au point de provoquer une réunion au plus haut sommet de l’Etat.
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Radio France
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 (© Maxppp)

Le président de la République, François Hollande, a réuni jeudi 12 juin, aux aurores, les principaux acteurs qui suivent ce dossier autour de lui dont le Premier ministre Manuel Valls, le ministre de l’Economie Arnaud Montebourg et le Directeur de l’Agence des participations de l’Etat David Azema. Cette réunion était convoquée après ce que l’on peut appeler un véritable coup de théâtre dans ce dossier industriel hautement stratégique.

Siemens, qui jusqu'à présent avançait seul, s'apprête désormais à faire une offre conjointe avec le japonais Mitsubishi. On ne connaît pas encore les détails de cette offre mais selon des sources proches du dossier, Mitsubishi reprendrait à Alstom les activités turbines à vapeur utilisées dans les centrales nucléaires françaises, ainsi que les activités transmission électrique et l’éolien.

Siemens rachèterait pour sa part les turbines à gaz d'Alstom et lui cèderait parallèlement ses activités transports. Le groupe français veut se recentrer sur ce secteur jugé plus porteur. L’offre devrait être détaillée et confirmée dans les prochains jours.

Que faut-il en penser sur le plan industriel ?

Certains analystes y voient le démantèlement pur et simple d’Alstom. Non seulement, l’offre commune Siemens / Mitsubishi remettrait en question directement la souveraineté des activités nucléaires françaises qui passeraient en partie sous pavillon japonais. De plus, l’option éloignerait la perspective de créer le fameux géant européen de l’industrie pourtant défendu encore ces derniers jours par Arnaud Montebourg. Le fameux ‘’Airbus de l’énergie’’ qui, de toute façon ne peut pas se construire du jour au lendemain, apparaît encore un peu plus comme un miroir aux alouettes.

Pourquoi Siemens se tourne ainsi vers le japonais Mitsubishi ?

L’Allemand jette ses dernières forces dans la bataille. Il veut à tout prix empêcher le rapprochement d’Alstom Energie avec l'américain General Electric, l'autre prétendant, mieux disant social en termes d’emplois et de localisation de centres de décisions en France. Alstom allié à GE constituerait un concurrent redoutable pour Siemens en Europe.

Sur le fond, ce dernier schéma pose plusieurs questions

Combien Siemens et Mitsubishi vont mettre sur la table pour décrocher la mise face aux 12 milliards d’euros de GE ? Le journal japonais Nikkeï parle d'un peu plus de sept milliards d'euros mais Mitsubishi ne commente pas.

Pourquoi SIEMENS n’a pas communiqué plus tôt sur cette offre ? Nous sommes le 12 juin et le groupe doit faire son offre de reprise au plus tard le 16. Cela fait un peu court pour que l’Etat français puisse étudier le dossier en toute sérénité.

L'Elysée n'a fait aucune déclaration après la réunion stratégique qui a duré environ une heure. Ce fut une explication de texte à tous les niveaux, à la fois industriel et politique. L'Etat a juste indiqué qu'il "n'a pas de préférence" entre les offres de reprise et souhaite qu'elles "s'améliorent."

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