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Redressement productif : quelles marges de manœuvres pour Arnaud Montebourg ?

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Les différents ministères ont entamé hier les prises de contacts avec les partenaires sociaux avant de décider des grandes actions à venir... c'est le cas notamment pour le ministre du " Redressement productif " Arnaud Montebourg.
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Radio France
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Arnaud Montebourg a ouvert le bal avec la Confédération Générale des Petites et Moyennes Entreprises dont le secrétaire général, Jean-François ROUBAUD, s'étonnait – pour ne pas dire s'inquiétait – la semaine dernière, qu'un ministère du " redressement productif " soit confié au chantre de la démondialisation. Paradoxe aux yeux de Jean-François Roubaud pour qui le premier moyen de redresser la France est de rétablir notre balance commerciale, donc de jouer dans une économie de plus en plus mondialisé. De fait, Arnaud Montebourg se retrouve au cœur de la problématique du développement économique de la France, ce qui rend le challenge fort intéressant et très engageant.


Vous voulez dire qu'il sera attendu au tournant ?*

Oui, et pas uniquement pour des raisons politiques. Les enjeux économiques sont trop importants pour céder aux querelles intestines. Les défis qu'Arnaud Montebourg va devoir relever sont très lourds : sauver les usines menacées ; renforcer la productivité des entreprises ; développer l'investissement pour une vraie politique de recherche et développement et, in fine, renforcer la compétitivité des entreprises sans laquelle aucun marché ne peut se gagner. Tous ces points sont au cœur du débat sur la croissance promue par François Hollande. Après les incantations, on entre enfin dans le vif du sujet... finis les grands discours sur la démondialisation... Arnaud Montebourg va devoir mettre les mains dans le cambouis. Un boulevard s'ouvre à lui... avec toutefois un handicap : l'intitulé de son portefeuille ministériel : le " redressement productif ". L'expression fleure bon la planification et son économie administrée. Ni le redressement, ni la création d'emplois ne se décrètent... ce qu'il leur faut, c'est un environnement, un terrain, favorables.

Quelles seront, selon vous, les priorités ?

Interdire les licenciements boursiers ? : impossible. Tout au mieux, peut-on les encadrer... c'est l'ambition du ministre. Interdire la fermeture d'un site si un repreneur se manifeste ? On assistera à des batailles juridiques homériques. Convaincre les syndicats de certaines décisions douloureuses en contrepartie d'un code de bonne conduite des grands groupes ? Pourquoi pas. Mais très vite s'imposera la nécessité d'alléger les charges, permettre aux entreprises de gagner de l'argent (je pense essentiellement aux PME-PMI) et les aider à mieux l'utiliser, le canaliser de manière utile vers l'emploi, les salaires et la formation de la main d'œuvre. C'est un très beau, mais très dur, chantier auquel s'attaque Arnaud Montebourg.

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