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Pouvoir d'achat : Sarkozy fait diversion

Nicolas Sarkoy a-t-il renoncé à l’une de ses principales promesses ? Tout en ouvrant hier de nouveaux chantiers, le chef de l’Etat a balayé la question du pouvoir d’achat, alors que tout le monde l’attendait là-dessus. Pendant la campagne il avait pourtant dit qu’il serait « le président du pouvoir d’achat ». Est-ce qu’il renie son engagement ?

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S’il n’était en permanence sur tous les fronts, on dirait que sur ce sujet, Nicolas Sarkozy a battu en retraite. « Réduire le débat à la seule question du pouvoir d’achat, c’est absurde », a tranché hier le chef de l’Etat, alors qu’il a lui-même largement contribué à ce que cette question occupe maintenant la place n°1 sur la liste des priorités des Français. Faire progresser le pouvoir d’achat, ça veut dire donner plus de revenu. Et l’Etat n’a qu’un moyen pour y arriver vite, c’est de baisser les impôts. Il l’a fait pour certaines catégories au mois de juillet, mais aujourd’hui le chef de l’Etat est obligé de répéter que les caisses sont vides. Aucun cadeau fiscal n’est plus possible avec le niveau du déficit et de la dette. Le Président de la République change de discours parce qu’il est confronté à la réalité. Comme François Mitterrand, contraint à la rigueur un an après la victoire de 81. Comme Jacques Chirac en 95, qui, tournant le dos à ses promesses, a augmenté les impôts six mois après son élection. On n’en est pas là, mais il y a de ce point de vue entre Nicolas Sarkozy et ses prédécesseurs davantage de continuité que de rupture.

Mais le chef de l’Etat a ouvert hier de nouveaux chantiers réforme, par exemple pour développer la participation et l’intéressement des salariés. Est-ce que ça, ce n’est pas une façon de faire progresser les revenus ?

Effectivement : puisque l’Etat n’a pas d’argent, il en appelle aux entreprises. La participation et l’intéressement sont des mécanismes qui permettent aux salariés de se voir redistribuer une partie des bénéfices qu’elles font. Ca marche déjà bien dans les plus grandes d’entre elles. C’est beaucoup plus difficile dans les petites – celles de moins de 50 – où ces bénéfices sont plus aléatoires et où il faut beaucoup réinvestir pour rester compétitifs. On peut aussi les obliger à ouvrir des négociations salariales, mais pour qu’il y ait du grain à moudre, il faut que la croissance reparte. Pour que les salaires augmentent, il faut que l’emploi s’améliore et qu’il y ait de la concurrence pour recruter, ce qu’on ne constate que dans quelques secteurs. En attendant, invoquer une politique de civilisation ressemble plus à une diversion qu’à une réponse aux soucis quotidiens des Français sur les salaires ou l’emploi, un mot d’ailleurs étonnamment absent hier lors de la conférence de presse.

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